"Il s’appelait Fiacre Gbédji" : les appels à ne pas oublier le guide béninois assassiné des deux ex-otages français se multiplient

Terrorisme
ÉMOTION - Après la libération, au prix de la vie de deux militaires, de deux otages français enlevés le 1er mai pendant un séjour touristique au Bénin, de nombreux internautes ont tenu à honorer la mémoire de l'accompagnateur de Laurent Lassimouillas et Patrick Picque, dont le corps a été découvert le 4 mai dans le parc de la Pendjari. Ils réclament un hommage.

"Il s'appelait Fiacre Gbédji. Il était guide dans le parc de la Pendjari, au Bénin. Il n'aura pas d'hommage, pas d'émission spéciale... Qu'il ait au moins ici sa photo." Ce sont les mots, relayés par des centaines d'anonymes sur les réseaux sociaux ces dernières heures, après la libération par les forces spéciales, au prix de la mort de deux militaires, de deux otages français, enlevés le 1er mai pendant un séjour touristique au Bénin. 


D'autres, de façon plus personnelle, rendent hommage au collègue ou au guide agréé de tourisme qu'ils ont côtoyé pendant leur séjour au Bénin. "Paix à ton âme collègue, ami, frère Gbedji Fiacre", écrit l'un quand un autre rappelle : "Mort en faisant son travail pour lequel, tous ceux qui l'ont connu s'accordent à dire qu'il était excellent".

"Une pensée pour notre chauffeur-guide béninois"

Père de cinq enfants, Grégoire Gbédji-Oba alias "Fiacre", 29 ans, était réputé et très sollicité au Bénin dans son domaine. Décrit comme "un homme réputé pour sa bonté, entièrement dévoué aux enfants en difficulté, et toujours prêt à aider les autres" dans La Nouvelle Tribune, il était également éducateur dans un orphelinat de Natitingou, dans le nord-ouest du pays. Son cadavre, très abîmé, a été découvert le 4 mai dans le parc national de la Pendjari, trois jours après sa disparition avec les deux touristes français qui effectuaient un safari. Son cadavre a pu être formellement identifié par un médecin légiste et sa famille, qui a notamment reconnu son pantalon. En revanche, "impossible de savoir s'il a été tué par balle, par arme blanche ou par autre chose. Le corps était dans un état de dégradation très avancée", ayant été dévoré par des charognards, a confié une source gouvernementale béninoise à l'AFP.


Lors de leur arrivée sur le sol français, ce samedi à 18h, les deux ex-otages français accueillis sobrement par Emmanuel Macron, ont tenu à rendre hommage à cet homme qui leur a fait découvrir le Bénin. "Nous avons aussi une pensée pour notre chauffeur-guide béninois qui a perdu la vie au tout début de notre notre enlèvement. Ça a été très difficile aussi", a ainsi déclaré Laurent Lassimouillas.

Son frère, Alexandre, a confirmé à l'AFP que leur maison familiale, à Natitingou (nord du Bénin), "a vu défiler des centaines de touristes", que Fiacre était fier d'amener chez lui pour leur faire découvrir sa ville natale. "Fiacre va beaucoup nous manquer, c'est l'un des meilleurs guides que nous avions", a également confié à l'AFP le directeur du complexe touristique de la Pendjari où le drame a eu lieu, James Terjanian.


"Il y a 80 chauffeurs-guides dans le parc de la Pendjari", a précisé à Centre-Presse l'écrivain naturaliste et animalier Philippe Huet, qui fait lui aussi partie de ceux qui ont croisé le chemin du guide béninois assassiné, pendant ses expéditions. 


A l'instar de nombreux jeunes Belges et leurs professeurs. "A travers le projet Move With Africa, cet homme souriant et affable faisait découvrir sa culture et son pays aux élèves venus dans une démarche d’éducation à la citoyenneté", note ainsi le quotidien belge La Libre Belgique.

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