Procès de l'attentat raté de Notre-Dame : l'ombre du djihadiste Rachid Kassim

Terrorisme

JUSTICE - Au deuxième jour du procès de la tentative d'attentat de Notre-Dame, le propagandiste du groupe terrorisme Etat islamique Rachid Kassim était dans tous les esprits, malgré son absence à la barre.

C'est le grand absent du procès de l'attentat raté près de Notre-Dame : le propagandiste du groupe Etat islamique Rachid Kassim, jugé par défaut par la cour d'assises spéciale car il est probablement mort en Irak en 2017, a inspiré à chaque étape les cinq femmes djihadistes accusées, un rôle dans l'ombre qu'a décrit mardi un agent de la DGSI.

"L'année 2016 est un année de transition", explique le responsable du service judiciaire chargé de l'antiterrorisme à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Il a requis l'anonymat et témoigne par vidéoconférence, caché derrière un store. En quelques mois cette année là, "il y a plusieurs actions menées en France par des gens frustrés de ne pas avoir pu rejoindre la Syrie", à cause de la fermeture de la frontière turco-syrienne.

Rachid Kassim a mis en relation trois des accusées

A distance, Rachid Kassim, un Roannais qui a rejoint le groupe Etat islamique en mai 2015, a inspiré l'assassinat d'un policier et de sa femme à Magnanville en juin 2016, puis, en juillet, celui d'un prêtre en Normandie.

Début septembre 2016, c'est à lui que deux des accusées, Inès Madani et Ornella Gilligmann, envoient une vidéo de revendication avant de garer devant des restaurants près de Notre-Dame une voiture chargée de six bonbonnes de gaz. C'est vers lui encore qu'elles se tournent pour avoir des conseils sur le choix du carburant pour faire exploser les bonbonnes. Il répond trop tard, ce qui permet d'éviter "un carnage" : elles ont opté pour du gasoil, carburant difficilement inflammable. 

Rachid Kassim a mis en relation trois des accusées : c'est en suivant ses conseils qu'Inès Madani se rend à Boussy-Saint-Antoine (Essonne) chez Amel Sakaou. Il guide aussi Sarah Hervouët jusqu'à elles. Quelques jours plus tôt, il avait incité Sarah Hervouët à s'attaquer au maire de Cogolin (Var), la commune où elle vivait, mais elle n'avait pas réussi à passer à l'action.

"Une propagande décomplexée sur les réseaux sociaux"

Le 8 septembre, se sachant traquées par la police, les trois femmes ont quitté l'appartement armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët a porté un coup de couteau à un policier en civil de la DGSI qui se trouvait dans une camionnette. Elles se sont inspirées du "guide du lion solitaire", fascicule de Rachid Kassim qui contenait "des méthodes accessibles à tous pour passer à l'action", selon l'agent de la DGSI.

"Il avait opté pour une propagande décomplexée sur les réseaux sociaux", poursuit l'agent. Sur la messagerie Telegram, il avait lancé la chaîne "Sabre de lumière", suivie par "plus de 300 personnes": "On n'est pas sur la propagande de masse. Ce n'est pas TF1!", ajoute-t-il.   

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter