Tuerie du Musée juif de Bruxelles : reconnu coupable, Mehdi Nemmouche encourt la perpétuité

Tuerie du Musée juif de Bruxelles : reconnu coupable, Mehdi Nemmouche encourt la perpétuité
Terrorisme
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JUSTICE - Mehdi Nemmouche, dont le parquet fédéral belge a requis la condamnation pour les quatre "assassinats terroristes" commis au Musée juif de Bruxelles en 2014, est désormais fixé sur son sort : il est reconnu coupable.

Les délibérations ont été rapides au vu des 56 questions sur la culpabilité des deux accusés. Réunis depuis mardi 5 mars à la mi-journée, 12 jurés et trois magistrats ont rendu leur verdict dans le procès de la tuerie du Musée juif de Bruxelles survenu en mai 2014. Mehdi Nemmouche et son co-accusé, Nacer Bendrer ont été reconnus coupable des quatre assassinats à caractère "terroriste", a annoncé la présidente de la cour d'assises qui le jugeait depuis deux mois. 


Nacer Bendrer, un délinquant marseillais qui était jugé pour lui avoir fourni les armes, a été reconnu "co-auteur" de la tuerie par les 12 jurés. Les deux hommes niaient les faits. Reconnus coupable, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer devront néanmoins attendre demain, vendredi 8 mars, avant de connaître leur peine. Nemmouche encourt la réclusion à perpétuité. 

Au total, l'accusation a recensé "23 éléments de preuve" accablant le djihadiste dont la morphologie correspond aussi à celle du tireur observée sur la vidéosurveillance du musée. Nemmouche nie les faits et affirme avoir été "piégé". Une théorie pas franchement convaincante pour les avocats généraux.  "Nous sommes tous les deux convaincus au plus profond de nous-mêmes que les deux accusés ont bien commis ces actes", avait déclaré l'un des deux avocats généraux dans son réquisitoire le 26 février.

Les arguments surprenants de la défense

Dans le box depuis le 10 janvier dernier, Nemmouche comparaissait aux côtés de Nacer Bendrer, un délinquant marseillais de 30 ans, accusé de lui avoir fourni les armes de la tuerie et qui affirme être innocent. L'enquête a montré que les deux hommes avaient eu des dizaines d'échanges téléphoniques en avril 2014, au moment où Nemmouche est censé être en pleins préparatifs.


Au procès, Nacer Bendrer a reconnu que ce dernier lui avait demandé une Kalachnikov lors de sa venue à Bruxelles début avril. Mais le Marseillais n'aurait pas donné suite. Sa défense a mis en avant l'absence de "preuve matérielle" d'une remise des armes. "Une décision de culpabilité, c'est une peine à deux chiffres qui l'attend, une vie foutue", avait plaidé son avocat Julien Blot lundi, 4 mars dernier à l'adresse du jury.

La défense avait affirmé, pour défendre Nemmouche qu'il était victime d'un complot. Pour ses avocats, la tuerie n'est pas un attentat du groupe djihadiste Etat islamique (EI), au sein duquel l'accusé a combattu entre janvier 2013 et février 2014. Il s'agit, affirment-ils, d'"une exécution ciblée d'agents du Mossad", les services secrets israéliens, dans laquelle de supposés agents des services libanais ou iraniens auraient impliqué Nemmouche à son insu.

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Cette thèse d'une implication du Mossad vise les époux israéliens Miriam et Emmanuel Riva, les deux premières personnes abattues au Musée juif. Les avocats de la famille Riva ont vivement protesté qu'on présente les deux touristes comme des agents secrets, dénonçant "un scandale absolu". Ce jeudi, la présidente de la cour a estimé que cette théorie ne tenait pas. Elle a affirmé que la théorie du complot, avancée par la défense, "ne repose sur rien".

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