Projet d'attentat à Villepinte : la France prend des sanctions contre l'Iran

Projet d'attentat à Villepinte : la France prend des sanctions contre l'Iran

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TERRORISME - Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire ont annoncé avoir gelé plusieurs avoirs iraniens en France dans le cadre de l'enquête sur un projet d'attentat à Villepinte, déjoué fin juin dernier. Deux diplomates iraniens ainsi que la direction de la sécurité intérieure iranienne sont notamment visés.

Le ton monte. Les autorités françaises ont accusé mardi 2 octobre le ministère du Renseignement iranien d'avoir fomenté un projet d'attentat à l'explosif fin juin à Villepinte. Ce que Téhéran a démenti. "Une enquête longue, précise, détaillée de nos services (...) permet d'arriver à la conclusion sans aucune ambiguïté de la responsabilité du ministère du Renseignement dans ce projet d'attentat" déjoué contre un rassemblement des Moudjahidines du peuple, un mouvement d'opposition iranien, a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat une source diplomatique française. 


25.000 personnes étaient attendues sur place lors de ce rassemblement. Trois personnes, dont un diplomate iranien, avaient été arrêtées cet été dans le cadre de l'enquête. Quelques heures plus tôt, le gouvernement avait annoncé le gel de certains avoirs iraniens dans l'Hexagone. Sont visés : deux diplomates et une antenne de renseignement iranien en France. "En prenant cette décision, la France rappelle sa détermination à lutter contre le terrorisme, en particulier sur son propre territoire", avaient indiqué Jean-Yves Le Drian, Gérard Collomb et Bruno Le Maire dans un communiqué. 


Les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Economie sont tous trois impliqués dans cette sanction qui intervient dans le cadre de l'enquête sur un projet d'attentat à Villepinte, déjoué à la fin du mois de juin dernier. 

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Un attentat contre l'opposition iranienne déjoué à Villepinte

L'enquête contre ce projet d'attentat a eu lieu à la fois en Belgique et en France. Le parquet fédéral belge avait en effet indiqué que Amir S., 38 ans et son épouse Nasimeh N., 33 ans, de nationalité belge "mais d'origine iranienne", ont été placés "sous mandat d'arrêt" et "inculpés de tentative d'assassinat et de préparation d'une infraction terroriste". 

Un contact du couple, Assadollah A., 46 ans, de nationalité iranienne, a également été interpellé en Allemagne. Il s’agit d’un diplomate iranien auprès de l’ambassade autrichienne à Vienne. C'est ce dernier qui est visé par le gel de ses avoirs en France. Il est "identifié avec certitude comme un agent du renseignement", a indiqué à l'AFP une source diplomatique française.


Ainsi qu'un autre diplomate, Saeid H. et  la Direction de la Sécurité intérieure du ministère iranien du Renseignement.

Un "acte extrêmement grave"

En France, trois personnes d'origine iranienne avaient également été interpellées et placées en garde à vue. Une enquête préliminaire avait été ouverte le 28 juin par le parquet de Paris du chef d'association de malfaiteurs terroriste criminelle. "Cet acte d'une extrême gravité envisagé sur notre territoire ne pouvait rester sans réponse", ont déclaré les ministres français des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Finances. 

Pour Jean-Yves Le Drian, "l’attentat déjoué à Villepinte confirme la nécessité d’une approche exigeante dans nos relations avec l’Iran".


Le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Bahram Ghassemi, a de son côté démenti "véhémence ces accusations". "Nous condamnons l'arrestation de ce diplomate (Assadollah A.) et nous appelons à sa libération immédiate", a-t-il réagi. 

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