Attaque de Condé-sur-Sarthe : qui est Hanane Aboulhana, la femme et complice présumée de Michaël Chiolo ?

Terrorisme

PROFIL - La compagne de Michaël Chiolo, tuée lors de l'assaut du Raid dans la prison de Condé-sur-Sarthe mardi, est décrite par des voisins comme une femme "naïve" et "manipulée" par son compagnon, qu'elle a rencontré quand il était en prison. Sa famille a été mise hors de cause.

Elle allait avoir 35 ans le 12 mars. Hanane Aboulhana, la compagne de Michaël Chiolo, est morte mardi après l'assaut du Raid donné dans une unité de vie familiale de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), après l'attaque au couteau de deux surveillants. Les voisins d'Hanane Aboulhana, qui résidait à Illzach, près de Mulhouse, sont sous le choc et décrivent une femme "naïve" et "manipulée" par son compagnon.

"Ça nous a mis une claque", lance sous couvert d'anonymat une voisine qui dit avoir connue Hanane Aboulhana "au collège". Elle décrit une femme "intelligente, d'une grande gentillesse et très cultivée, qui a été "naïve" et "manipulée par" Michaël Chiolo. "Nous les filles, on est fragiles, il suffit que quelqu'un nous bourre le crâne... Moi, je suis musulmane et dans notre religion, rien ne dit qu'il faut faire du mal à quelqu'un!", poursuit-elle.

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"Rien ne laissait paraître qu'elle allait faire quelque chose comme ça"

La soeur de cette voisine raconte à l'AFP avoir croisé "la semaine dernière", Hanane Aboulhana, qui "avait sa tenue musulmane (...) mais rien ne laissait paraître qu'elle allait faire quelque chose comme ça". Pour les deux sœurs, la compagne de Michaël Chiolo "a eu un moment de faiblesse (...) Elle a eu une fin qu'elle ne méritait pas".

Une autre voisine, âgée de 80 ans et vivant dans la rue "depuis 1969", dit n'avoir relevé "aucun signe" de radicalisation chez Hanane Aboulhana, et rien qui puisse expliquer une éventuelle complicité dans l'attaque des deux gardiens de prison à Condé-sur-Sarthe. Pour cette voisine, la famille Aboulhana, qui compte "cinq garçons et trois filles", sont "des gens sans histoire", qui "vivent ici depuis au moins vingt-cinq ans et on n'a jamais eu aucun problème avec eux".

"Il avait écrit à quelqu'un pour qu'on lui trouve une épouse"

Selon Le Monde, Hanane Aboulhana n'était pas fichée pour des faits de radicalisation, contrairement à son compagnon, inscrit au fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). L'avocate Me Pauline Brion, qui avait défendu Michaël Chiolo, explique qu'il a rencontré sa compagne en prison et qu'il "avait écrit à quelqu'un pour qu'on lui trouve une épouse". Hanane Aboulhana était venue témoigner lors du procès en appel à l'issue duquel le jeune homme avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour enlèvement et séquestration ayant entraîné la mort.

Plusieurs membres de la famille Aboulhana ont été entendus par la police mercredi, sans que rien ne soit retenu contre eux. Le domicile familial, situé dans une rue tranquille de la cité haut-rhinoise, a également été perquisitionné, et gardait jusqu'à hier ses volets clos. "Il y a eu une horde de policiers (...) au moins cinq véhicules banalisés, dont des vans, comme à la télé", raconte à l'AFP Katia Engelmann, une autre voisine de 43 ans. "Vers 19h45, on a vu la rue être cernée de policiers. Ils ont fait sortir la 

famille et les ont fouillés", ajoute Olivier Golly, 34 ans, qui habite "depuis 10 ans" la maison qui fait face à celle des Aboulhana. "C'était une famille discrète, plutôt amicale. Ils n'ont jamais été prosélytes", explique-t-il.

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