RÉCIT - Repéré par un témoin, trahi par ses traces de sang… comment les policiers ont retrouvé Cherif Chekatt

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Attentat de Strasbourg : le suspect Cherif Chekatt abattu par la police

FIN DE CAVALE - Après 50 heures de traque, l'auteur présumé de l'attentat de Strasbourg qui a fait 3 morts et 13 blessés, a été abattu par la police jeudi soir dans la capitale alsacienne. Voici ce que l'on sait sur les conditions de sa neutralisation.

Cherif Chekatt, l'auteur présumé de l'attentat de mardi contre le marché de Noël à Strasbourg, a été tué par la police jeudi soir dans le sud du quartier de Neudorf. L'homme de 29 ans a été abattu au niveau du 74 rue du Lazaret, à proximité du stade de la Meinau. Le terroriste présumé, armé d'une arme de poing et d'un couteau, a été tué après avoir tiré sur une patrouille de policiers de la sécurité du quotidien (PSQ) qui a riposté.

Repéré par des témoins

Selon nos informations, l'étau s'est resserré sur Cherif Chekatt à partir du début d'après-midi. Plusieurs témoins ont appelé la police, affirmant avoir reconnu le suspect. Ce dernier se déplaçait avec une capuche dans la rue, l'air hagard, de cages d'escalier en cages d'escalier, isolé, et marchait fébrilement. Il avait été blessé par balle, mardi 11 décembre, après un échange de tirs avec une patrouille de militaires de l'opération Sentinelle, quelques minutes après l'attentat du marché de Noël de Strasbourg.

Des traces de sang

À chaque nouveau signalement, ce jeudi après-midi, le RAID s'est rendu sur place, mais le suspect a pu s'échapper à plusieurs reprises, le temps que l'équipe d'intervention arrive. Selon nos informations, les signalements de témoins étaient étayés par des traces de sang retrouvés sur le sol, qui ont conforté les policiers dans l'idée que Chekatt était resté dans son quartier de naissance.

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A 21h, il ouvre le feu sur trois policiers

Dans l'après-midi, au fur et à mesure que les forces de l'ordre se rapprochaient du suspect, les recherches qui avaient lieu en parallèle à Paris, en Allemagne et en Suisse, ont été quasiment arrêtées. À Strasbourg, un vaste maillage se mettait alors en place : des équipes se positionnaient en ville, prêtes à intervenir au moindre signalement. 

C'est finalement une patrouille de police, membre d'un brigade spécialisée de terrain (BST), de la police de sécurité du quotidien, qui s'est retrouvée nez à nez avec le terroriste présumé aux alentours de 21h. "Trois fonctionnaires de la police nationale ont aperçu un individu qui déambulait sur la voie publique, au niveau du 74 rue du Lazaret. Cet individu correspondait au signalement de la personne recherchée. Et au moment de cette interpellation, ce dernier s'est retourné, faisant face aux fonctionnaires de police en tirant. Ils ont alors immédiatement riposté et ont neutralisé l'assaillant", a détaillé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui avait précisé plus tôt qu'un hélicoptère avait été mobilisé durant les derniers instants de l'opération de recherche.

Selon nos informations, Cherif Chekatt ne disposait visiblement pas d'une équipe pour l'aider dans sa cavale. D'après les enquêteurs, il vivait reclus et ne s'est pas débarrassé de son couteau et de son pistolet. Une situation qui peut s'expliquer par le fait que ses complices potentiels ont été arrêtés mardi matin, et que ses possibles points de chute étaient sous surveillance.

Un chien renifleur avait perdu sa trace en bordure de l'Ill mardi soir

De nouvelles précisions éclairent également la traque de Cherif Chekatt, qui a mobilisé des centaines de forces de l'ordre. Mardi soir, juste après l’attentat, un chien renifleur de la police avait repéré la trace du suspect près du lieu où le taxi l'avait déposé, à quelques dizaines de mètres d’une mosquée. L'animal a ensuite subitement perdu la trace en bordure de l'Ill, le fleuve qui traverse Strasbourg.

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