SEPT À HUIT - Attaque à la préfecture de police : la sidération des proches de Mickaël Harpon

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PORTRAIT – Les questions subsistent autour de la radicalisation du suspect présumé de la tuerie qui s'est produite à la préfecture de police de la capitale. Enquête et témoignage exclusif de la famille de Mickaël H.

Ils sont abasourdis. Après l’attaque qui a fait quatre morts jeudi au sein de la prestigieuse préfecture de police de Paris, les proches de Mickaël H. n’arrivent toujours pas à réaliser. Dans les jours qui ont suivi la tuerie, les équipes de "Sept à Huit" ont pu rencontrer plusieurs d’entre eux (voir la vidéo ci-dessus), et notamment quatre cousins de l’informaticien de 45 ans. 

 

"Je me suis dit : 'C’est un cauchemar, ce n’est pas possible.' Lui qui était si gentil, qui aurait jamais fait de mal à quelqu’un, qu’est-ce qui a pu lui passer par la tête à ce moment-là pour ôter la vie de quatre personnes ?", se demande l’une de ses cousines. "Je n’arrive pas à croire que c’est lui", reprend une autre. "On se pose tellement de questions…" 

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"Il n’en pouvait plus"

Né à Fort-de-France, en Martinique, Mickaël H. était père de deux enfants, une fillette de 9 ans et un petit garçon de 3 ans. Un homme bien intégré selon ses voisins et ses collègues interrogés par "Sept à Huit". Arsène, avec qui il travaillait à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) depuis son arrivée en 2003, le décrit même comme "tout à fait normal", malgré ses problèmes d’audition, un handicap issu d’une méningite infantile. "Il était malentendant mais il parlait, très bien", explique-t-il. "Quelquefois, il pouvait peut-être avoir du mal à capter, mais en prononçant bien, fort, il comprenait tout."

Reste que, pour l’une de ses amies les plus proches, cette surdité partielle a sans doute pu faire naître chez Mickaël H. un sentiment de frustration. Sensation accentuée par de possibles moqueries de certains, qui l’auraient par exemple surnommé Bernardo, comme le serviteur sourd-muet de Zorro.  "C’est vrai qu’il m’a dit qu’il était très frustré", assure-t-elle. "Il voulait évoluer, il avait besoin de changer, de faire autre chose. Bien sûr, toujours dans la PP, mais il voulait faire autre chose. (…) Ça faisait quinze ans qu’il était toujours au même poste. Il n’en pouvait plus."

Quid de sa radicalisation ?

Mais au-delà de cette frustration, les premiers éléments de l’enquête ont également fait apparaître des signes d’une radicalisation religieuse. Converti il y a plus de 10 ans, Mickaël H. serait ainsi passé, au fil des années, à une pratique plus rigoureuse. Sauf qu’hormis des échanges de SMS avec son épouse le matin du drame, quelques témoignages et une activité parfois ambivalente sur les réseaux sociaux, aucune preuve formelle n’en atteste pour l’heure expressément. À la mosquée de Gonesse, qu’il fréquentait, les fidèles évoquent d’ailleurs un musulman pacifiste, qui, selon l'un d'eux, "n’avait rien de suspect".

Pour sa famille, là-encore, difficile d’y croire. "D’entendre dire qu’il était d’accord avec ce qui s’est passé à Charlie Hebdo… Ça a été la première personne à déplorer ça, la première personne à vomir ces êtres humains", souligne l’une de ses cousines. Et un autre de ses cousins de certifier : "Il ne venait pas nous voir pour dire : 'Tu sais, il faut devenir musulman. Si t’es musulman, tu ne boiras pas d’alcool, tu n’iras pas faire la fête…' Il ne nous disait pas ça, au contraire. Il n’a jamais donné de signe de radicalisation." Alors que l'enquête se poursuit, de nombreux mystères restent à être élucidés. 

L'extrait vidéo de cet article est issu du replay de Sept à Huit, émission d’information et de reportages hebdomadaire diffusée sur TF1 et présentée par Harry Roselmack. 7 à 8 propose 3 à 4 reportages sur l’actualité du moment : politique, faits divers, société ou encore évènements internationaux.

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