Ancien militaire, ex-candidat FN... Qui est le suspect de l'attaque de la mosquée de Bayonne ?

Terrorisme

VIOLENCES - Ancien candidat FN, retraité et connu pour ses propos racistes, l'homme a ouvert le feu sur une mosquée dans le sud ouest de la France, ce lundi.

Deux hommes de plus de 60 ans ont été grièvement blessés ce lundi dans une attaque à main armée dans la mosquée de Bayonne. L'assaillant présumé, un octogénaire, ex-candidat du Front national connu pour ses "excès verbaux", a été interpellé après les faits. Cet ancien militaire a été placé en garde à vue du chef de "tentative d’assassinats", a indiqué le procureur de Bayonne, Marc Mariée, dans un communiqué.

De source proche de l'enquête, le suspect, Claude Sinké, 84 ans, a reconnu être l'auteur des tirs. Il avait "une arme de poing avec lui" lors de son interpellation et aurait déclaré n'avoir plus rien à perdre car il serait gravement malade. 

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Fan d'Eric Zemmour et candidat du FN en 2015

A Saint-Martin-de-Seignanx, paisible bourg des Landes aux portes de l'agglomération bayonnaise, des habitants et voisins de Claude Sinké ne semblaient qu'à peine surpris de l'accès de rage d'un homme décrit comme "très seul", "avec des obsessions", au verbe "parfois assez violent". Un homme qui a "pété un plomb". Personne ne se dit en tout cas proche de cet ancien militaire, sculpteur à ses heures, qui habitait dans la commune depuis de nombreuses années. Il y était connu et certains conviennent qu'il était à tout le moins "atypique", voire "donnait l'apparence de quelqu'un psychologiquement perturbé". 

Il y a quelques années, l'octogénaire avait posté son admiration pour Eric Zemmour sur une page Facebook, arguant même que l'homme d'extrême droite n'était "pas assez cinglant". Selon lui, ce dernier aurait ainsi dû évoquer une "guerre contre les islamistes". Toujours en 2014, il a, selon une publication retrouvée sur le site islamophobe "Résistance républicaine", estimé que  la "réalité autour de soi" permettait de comprendre la "barbarie causée par cette religion". 

Mais l'individu partageait aussi ses opinions radicales en public. L'ancien maire de la ville, Lionel Causse, cité dans Sud-Ouest, se souvient de prises de position xénophobes et homophobes. Si l'élu confie que "dernièrement" la population "n’entendait plus vraiment parler de lui" il avait "interdit" l’accès à cet homme dans la mairie. "Il venait tout le temps me voir et se révélait violent verbalement avec moi et le personnel de la mairie", se remémore l'ancien maire.

En 2015, il s'est présenté aux élections départementales de 2015 sous l'étiquette FN (aujourd'hui RN). Mais selon Jacques Leclercq, délégué adjoint landais du Rassemblement national (RN) à l'AFP, il avait été "écarté du parti" après ces élections, sans plus de précisions.

Une lettre "rageuse" envoyée au bâtonnier de Bayonne

L'homme, passé à l'art une fois à la retraite, et dont les sculptures (sur bois notamment) avaient déjà eu les honneurs de la presse locale, avait aussi un aspect inclassable, auteur il y a cinq ans d'un livre sur "La France à Coeur ouvert ou la misère humaine", où il expliquait "traiter des rapports entre les dominants et les dominés".

Interrogé par l'AFP, Mike Bresson, adjoint à la mairie du village landais, a indiqué que l'homme était "connu sur la commune et fui pour ses excès verbaux". "Il donnait l'apparence de quelqu'un de psychologiquement perturbé (...) Il n'aimait pas les gens de gauche, du centre et peu ceux de droite", selon l'élu. Selon Sud-Ouest, il avait adressé la semaine dernière une lettre "rageuse" au bâtonnier de Bayonne et au procureur de Dax pour "porter plainte contre Emmanuel Macron", avec copie au quotidien qui ne l'a pas publiée en raison de son caractère "discriminatoire et xénophobe".

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