Pourquoi autant d'attentats en Europe ces dernières semaines ?

Pourquoi autant d'attentats en Europe ces dernières semaines ?

INTERVIEW - Vienne, Nice, Conflans-Sainte-Honorine... Les attentats se multiplient en Europe ces dernières semaines. La menace augmente-t-elle ? Décryptage avec Jean-Charles Brisard, spécialiste du terrorisme.

Lundi, un nouvel attentat a frappé l'Europe, et plus précisément l'Autriche, coûtant la vie à quatre personnes à Vienne. Un attentat revendiqué par Daech qui survient cinq jours après l'attaque de la basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice, au cours de laquelle trois personnes sont mortes.

Ces dernières semaines, la fréquence de ces attaques s'accélère en Europe, un phénomène qui inquiète au plus haut point les autorités. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé vendredi le passage au niveau "urgence attentat" du plan Vigipirate. Interrogé par TF1, le président du Centre d'analyse du terrorisme Jean-Charles Brisard revient sur la menace terroriste qui pèse sur l'Europe depuis plusieurs mois.

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L'Autriche endeuillée par un attentat en plein cœur de Vienne

La menace est à un niveau très élevé, pas simplement en France mais dans toute l’Europe continentale.- Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme.

La menace terroriste en France et en Europe occidentale est-elle particulièrement élevée ?

La menace est à un niveau très élevé, pas simplement en France mais dans toute l’Europe continentale. On sait que depuis plusieurs mois de nombreux projets d’attentat ont été déjoués dans de nombreux pays, que ce soit au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne ou même ailleurs. Donc, ce n’est pas quelque chose spécifique à la France. Il y a effectivement un focus particulier, une cristallisation faite sur la France depuis quelques semaines, notamment à la faveur de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015 et à la republication des caricatures de Mahomet. Mais ce n’est pas la France, spécifiquement, qui est visée par les groupes terroristes. Les pays occidentaux sont visés pour les valeurs qu’ils portent et les symboles qu’ils représentent aux yeux du monde.

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Comment expliquer cette augmentation de la menace terroriste ?

Il y a un regain de tension depuis quelques semaines, qui est alimenté à la fois par les menaces extérieures, comme les groupes djihadistes comme Al-Qaïda ou l’État islamique, mais il y a aussi un phénomène intérieur, endogène. Il y a des menaces qui sont diffusées par ce que l’on peut appeler une mouvance islamiste radicale endogène, et c’est cela qui accélère le phénomène et l’impression d’une sorte de cycle dans lequel on est.

L'Autriche, une cible de longue date des djihadistes

L'attentat en Autriche est-il surprenant ?

Ce qui est important, c’est qu’on était aujourd’hui en Europe sur des attentats de faible intensité, à savoir des attaques au couteau, à la voiture-bélier. Là on a un attentat dynamique, avec un individu qui bouge à plusieurs endroits de la capitale, qui utilise des armes de guerre, et ceci est relativement nouveau depuis deux ans. Ce qui est moins nouveau, c’est la menace qui pèse sur l’Autriche. Depuis 2014, quatre attentats dont certains majeurs, ont été déjoués par les autorités, notamment le dernier qui visait le marché de Noël de Vienne, en décembre 2019. Il faut aussi savoir qu’il y a plus de 300 Autrichiens qui sont partis en Syrie pour rejoindre l’État islamique. C’est le deuxième pays par rapport au nombre d’habitants en termes de départs. Par ailleurs, il y a eu de nombreuses arrestations en Autriche, par exemple 43 l’an dernier. Cela représente environ 10% des arrestations en lien avec le terrorisme djihadiste dans toute l’Europe.

La problématique des fameux "sortants" inquiète-t-elle les services de renseignements ?

Pour l’attentat de Vienne, l’individu avait été condamné au début de l’année 2019 à 22 mois de prison pour des velléités de départ. C’est un frustré du djihad, qui a pris les armes pour commettre un attentat dans son pays à l’issue de sa peine. Ce sont des cas assez typiques qu’on retrouve en France et en Grande-Bretagne. Cela pose notamment la question du suivi post-carcéral de ces individus. Comment mieux suivre ces individus, c’est un enjeu important aujourd’hui en France.

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