VIDEO - Burkina Faso : qu'est-ce que la Katiba Macina, ce groupe terroriste impliqué dans la prise d'otages des Français ?

Terrorisme
TERRORISME - Les deux touristes libérés vendredi avaient été transférés du Bénin au Burkina. Les autorités craignaient qu'ils ne soient envoyés au Mali pour être remis à un groupe djihadiste, probablement la katiba Macina.

C'est entre leurs mains que les deux otages français auraient probablement été remis sans l'intervention des forces françaises. La katiba Macina, un groupe terroriste qui agit au Mali, a été mis en lumière depuis vendredi et l'assaut qui a coûté la vie à deux militaires. Un groupe qui a le vent en poupe dans cette région de l'Afrique, où la France tente d'endiguer son expansion.

L'origine de cette katiba ("bataillon") remonte à l'année 2012. Lorsque plusieurs groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, dont Ansar Dine, s'emparent à cette époque du nord du Mali en mars-avril, l'idéologue et propagandiste Amadou Koufa quitte le centre du pays pour les rejoindre. En janvier 2013, il est présent lors de la prise de Konna (centre), qui conduit la France à lancer une opération militaire internationale pour chasser les djihadistes du nord du Mali. Au début de l'année 2015, son groupe, baptisé Front de libération du Macina, du nom d'un ancien empire peul, mais aussi connu comme la "katiba Macina d'Ansar Dine", apparaît dans le centre du Mali. Son but ? Rétablir la “République islamique du Macina”, du nom d’un Empire du XIXe siècle où était appliquée la loi islamique et qui s’étendait sur de vastes régions du centre du Mali.

"Dans les années 1990-2000, les enregistrements de ses prêches s'arrachent"

En mars 2017, elle a rejoint le JNIM, une “multinationale du terrorisme” selon la sénatrice Nathalie Goulet, spécialiste des questions djihadistes, dans une tribune au Huffpost. Cette alliance de multiples factions regroupe par exemple Ansar Dine, des branches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, des combattants du défunt Mujao et du MNLA.


Pour Amadou Koufa, la présence de la katiba au sein du JNIM parachève plusieurs années d'endoctrinement dans la région. Amadou Diallo, de son vrai nom (Koufa est l'appellation de son village) est né dans les années 1950 ou 1960 dans la région de Niafounké (centre du Mali), au sein d'une famille peule pauvre et pieuse. Après avoir étudié auprès d'oulémas réputés, notamment en Mauritanie, il a prêché dans toute sa région d'origine. "Dans les années 1990-2000, les enregistrements de ses prêches s'arrachent" parmi les jeunes Peuls, séduits à la fois par sa connaissance du Coran et le fait qu'il s'exprime dans leur langue, mais aussi par sa remise en cause de l'ordre social, selon un rapport publié cette semaine par la FIDH sur les violences dans le centre du Mali. Ses prêches ont vite rencontré un écho parmi les populations peules, notamment pastorales, frappées par un sentiment d'injustice, un discours grâce auquel "Koufa élargit son audience bien au-delà des adeptes d'un islam rigoriste", selon le rapport de la FIDH. 


En novembre 2018, la France annonce la mort d'Amadou Koufa. Selon Paris, le prédicateur peul fait "probablement" partie des victimes de ses frappes aériennes. Mais l'information est vite démentie, le terroriste ayant vraisemblablement survécu. Selon une source sécuritaire burkinabé citée par Le Monde samedi, la katiba Macina aurait bien commandité l'enlèvement. Le quotidien souligne que son leader, Amadou Koufa, n'a encore jamais revendiqué d'attaques hors du centre du Mali, et encore moins d'enlèvements d'Occidentaux.

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