Les 13 djihadistes français remis à l'Irak seront jugés "selon la loi irakienne"

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ETAT ISLAMIQUE - Treize Français, soupçonnés d'être des combattants de l'Etat Islamique ont été remis aux autorités irakiennes par les Kurdes. Le président Irakien Barham Salih a indiqué que ces derniers allaient être jugés selon la loi irakienne. Ils risquent la peine de mort.

Treize Français accusés d'être des combattants du groupe terroriste djihadiste Etat islamique ont été remis par les forces arabo-kurdes de Syrie aux autorités irakiennes.  Ils " sont accusés d’avoir commis des crimes et seront jugés selon la loi irakienne, et c’est dans ce cadre que nous agissons", a indiqué lundi le président irakien Barham Salih lors qu'une conférence de presse conjointe avec Emmanuel Macron. Cela signifie qu'ils pourraient être condamnés à mort si la justice irakienne le décide.

Ces 13 Français faisaient partie des centaines de djihadistes détenus en Syrie par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde qui a lancé une offensive pour déloger les combattants de l'EI de leur dernier réduit dans l'est du pays. Au total, 280 Irakiens accusés d'être des jihadistes de l'EI ont été remis aux autorités irakiennes depuis jeudi 21 février. 


Interrogés sur ce sujet, en conférence de presse, ce lundi, Emmanuel Macron et Barham Salih, président irakien, n'ont pas donné l'identité des djihadistes remis aux Irakiens par les forces kurdes. Pour Emmanuel Macron, "les FDS ont d’innombrables prisonniers et les échanges avec eux font partie des relations bilatérales", a-t-il dit. "Dans ce contexte, les décisions n'ont pas à être commentées. Pour les Français transférés il revient aux irakiens de le décider. Ces personnes ont le droit d’avoir la protection consulaire", a toutefois précisé le président irakien.

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Ce ne sont pas des hauts commandants de l'Etat Islamique

Interrogé par l'AFP,  Hicham al-Hachémi, spécialiste des mouvements jihadistes affirme que le transfert des 13 Français accusés d'appartenance à l'EI a eu lieu en coordination avec la coalition antidjihadistes dirigée par les Etats-Unis et à laquelle participe la France. "Ceux qui ont été transférés ne sont pas des hauts commandants de l'EI mais ils sont une mine d'information sur la structure de Daech en Europe, sur les réseaux djihadistes français et sur les cellules de recrutement", a affirmé à l'AFP Hicham Hachémi, utilisant un acronyme arabe de l'EI.


Des centaines de djihadistes étrangers ont été jugés en Irak, dont certains ont été arrêtés en Syrie voisine avant d'être transférés de l'autre côté de la frontière. 

50 adultes et 80 enfants pourraient être rapatriés vers la France

Un Français et une Allemande ont été condamnés en août dernier à la prison à vie et une centaine de jihadistes ont écopé de la peine capitale pour appartenance au groupe extrémiste. Quelques 50 adultes et 80 enfants aux mains des forces arabo-kurdes pourraient être rapatriés de Syrie vers la France, ont indiqué des sources françaises à l'AFP. Mais ces estimations n'ont pas été confirmées par les autorités françaises.


Pour l'heure sur le front, les djihadistes sont en train de perdre l'ultime poche de l'immense territoire qu'ils avaient conquis en Syrie et en Irak en 2014 et Paris entend continuer à coopérer avec Bagdad pour parachever la débâcle du groupe État islamique (EI), comme l'a souligné la ministre des Armées Florence Parly, lors d'une récente visite à Bagdad.

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