VIDÉO - Attentat de Strasbourg : retour sur l'itinéraire du terroriste présumé

Terrorisme

Toute L'info sur

Attentat de Strasbourg : le suspect Cherif Chekatt abattu par la police

FUSILLADE - Mardi soir, dans le centre-ville de Strasbourg, un individu a tué au moins deux personnes et en a blessé plusieurs. L'homme a tiré à l'arme lourde à plusieurs endroits. Alors qu'il reste toujours introuvable, retour sur les éléments à notre disposition de son itinéraire sanglant.

Un peu plus d'une heure. C'est le temps qu'a duré la fusillade de Strasbourg, mardi soir. Ou plutôt, les fusillades : aux alentours de 20h00, le suspect a ouvert le feu à trois reprises, tuant au moins deux personnes - une troisième se trouve en état de mort cérébrale - et faisant plusieurs blessés, dont certains grièvement. Il a "semé la terreur (...) sur trois points de la ville", selon les mots du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, dépêché dans la capitale alsacienne dans la nuit.

Lire aussi

Du pont du Corbeau à la rue des Grandes Arcades

Tout a commencé par le pont du Corbeau. C'est par là que l'homme de 29 ans, fiché S, accède au centre historique de la ville. Au cours d'une conférence de presse ce mercredi, le procureur de Paris Rémy Heitz est revenu sur son parcours : le suspect a été vu porteur d'un arme à feu peu avant 20 heures à hauteur du 10, rue des Orfèvres, au cœur du Marché de Noel. Il a ensuite évolué dans ce quartier empruntant successivement la rue des Grandes arcades, la rue du Saumon, la rue de la Chandelle puis la rue Saint-Hélène, avant de rejoindre la rue du Pont Saint-Martin. "Tout au long de ce parcours, il a, à plusieurs reprises, ouvert le feu avec une arme de poing et utilisé un couteau avec lesquels il a blessé grièvement et donné la mort", a précisé le procureur.

Dans sa fuite, un témoin a aperçu trois blessés au sol dans une rue commerçante, à quelques mètres de l'imposant sapin illuminé, érigé en plein centre-ville pour le marché de Noël. Devant le café "Les Savons d'Hélène", à une centaine de mètres à l'ouest de la place Kleber, un homme allongé sur le sol, recouvert d'une couverture de survie, est secouru par des agents et entouré par des proches, a par ailleurs constaté un journaliste de l'AFP.

Le face à face avec des militaires

Vers 20h00, une dizaine de minutes après avoir débuté son périple meurtrier dans les rues de la vieille ville, le tireur va faire face aux forces de l'ordre. Faisant face à 4 militaires de l'opération Sentinelle, il a tiré dans leur direction et a essuyé des tirs de riposte qui l'ont blessé au bras.

La fuite

Juste après avoir ouvert le feu face aux forces de l'ordre, le suspect parvient à quitter les lieux à bord d’un taxi, direction le quartier de Neuhof, au sud de la ville. "Le chauffeur a indiqué que le passager lui avait dit de l’amener là sans donner d’adresse en disant qu’il allait le guider. Le chauffeur a précisé l’avoir vu en possession d’une arme de poing et présentant des blessures", a précisé le procureur. L’individu, pour justifier ses blessures, a évoqué son passage à l’acte en expliquant avoir tiré sur des militaires et tué 10 personnes.

"Une fois descendu du taxi, l’individu a croisé des fonctionnaires de police qui ont décrit un échange de coups de feu avec lui à ce moment-là", a ajouté le procureur. Roland Ries, le maire de Strasbourg, a évoqué ce mercredi matin sur franceinfo ces événements : les policiers que l'élu a "rencontré" mardi soir lui ont "expliqué qu'ils l'attendaient" dans le quartier du Neudorf.  Ces policiers "marchaient sur une piste cyclable quand il s'est approché d'eux. Ils étaient dans l'obscurité. Ils lui ont braqué sur la figure une torche qui l'a aveuglé mais il a immédiatement tiré sur eux et donc ils ont riposté". D'après le maire, le suspect "aurait pu être blessé à ce moment-là" et "cela s'est passé autour de 22h".  

En vidéo

Attentat de Strasbourg : le récit d'une soirée d'effroi

Une habitante du quartier, contactée par LCI, est également revenue sur cette soirée mouvementée : "J'étais en train de m'occuper de mon enfant, j'ai entendu un bruit sourd comme un coup de fusil donc je suis sortie. J'ai regardé à la fenêtre directement et j'ai vu plein de lampes torches je me suis dit 'ils se font peut être cambrioler', en l'espace de cinq minutes j'ai vu énormément de policier arriver dans la rue avec des fusils, des lumières, ils cherchaient sous les voitures ils m'ont dit de fermer les fenêtres et les volets qu'ils allaient tirer. Vers 22h30 du matin, j’entends des bruits sourds chez le voisins j'ai pensé à un assaut. Je réveille mon compagnon j'ai eu très peur et en fait ils étaient en train de défoncer ma porte d'entrée".

Depuis, sa trace est perdue. A-t-il pu quitter le pays pour s'enfuir en Allemagne ? L'hypothèse n'est pas écartée par secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, invité ce mercredi matin sur France Inter.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter