VIDEO - Militaires tués au Burkina Faso : peut-on empêcher les touristes d'accéder aux zones rouges ?

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Libération d'otages français au Burkina : l'hommage national aux deux militaires tués

POLÉMIQUE - Le ministre français des Affaires étrangères a jugé que les deux touristes, libérés vendredi après l'intervention des forces spéciales françaises, avaient pris des "risques majeurs" et n'exclut pas de "durcir la réglementation". Certaines voix réclament des sanctions pour les agences de voyage ou les voyageurs imprudents. Mais elles sembleraient bien difficiles à mettre en oeuvre.

Quand séjour touristique rime avec voyage à risque. Depuis la libération, vendredi 10 mai, des deux otages français au Burkina Faso - au cours de laquelle 2 militaires français ont perdu la vie -  des voix réclament plus de sévérité envers les voyageurs qui ne respecteraient pas les consignes émises par le Quai d'Orsay. 

Patrick Picque et Laurent Lassimouillas effectuaient une séjour touristique au Bénin, dans le parc de la Pendjari, l'un des derniers sanctuaires de la vie sauvage en Afrique de l'Ouest, qui s'étend dans le nord du Bénin sur 5.000 km/2 le long de la frontière avec le Burkina Faso. Etait-ce une zone dangereuse? Le ministre français des Affaires étrangères en est convaincu. Jean-Yves Le Drian, a jugé que les deux touristes avaient pris des "risques majeurs" en se rendant dans une "zone considérée depuis pas mal de temps comme une zone rouge", c'est-à-dire "formellement déconseillée". De fait, lors de l'enlèvement, la zone était classée en orange, ce qui signifie que son accès  était déconseillé "sauf pour raison impérative." L'un des deux ex-otages, Laurent Lassimouillas, a d'ailleurs concédé samedi qu'ils auraient dû "prendre davantage en compte les recommandations de l'Etat". 

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"Que les agences soient elles-mêmes responsabilisées"

Selon son entourage, le ministre des Affaires étrangères réfléchit ainsi à la nécessité de classer davantage de zones en "rouge" afin de dissuader les voyageurs de s'y rendre.Pour autant, ces recommandations du Quai d'Orsay -même au niveau le plus élevé - ne sont pas contraignantes. C'est la raison pour laquelle certaines voix réclament des mesures plus coercitives : "Il faut peut-être, si certains persistent à se rendre dans des zones aussi dangereuses, qu'ils signent une décharge, a ainsi estimé sur LCI Brice Hortefeux, l'ancien ministre de l'Intérieur. Ou alors que les agences soient elles-mêmes responsabilisées. Il faut des décharges, soit des travaux d'intérêts généraux, soit des sanctions à l'égard des agences de voyages."

Tout voyage a "une petite part de risque"

Reste à convaincre les professionnels du secteur du bien-fondé d'une telle décision. "Passer plus de zones en rouge, ce n'est pas une solution, estime le représentant des agences de voyages françaises, Jean-Pierre Mas. Revenir à la politique du 'ceinture et bretelles' d'il y a cinq ou six ans, où dès qu'il y avait un risque dans un pays comme l'Egypte, il était classé totalement en zone rouge, ce n'est pas une bonne solution." Pour lui, une "petite part de risques" est inhérente au voyage.

A l'heure actuelle, les professionnels ne sont pas tenus de prendre en compte les recommandations du ministère des Affaires étrangères. La ligne générale est toutefois de s'y tenir. Les agences "n'organisent pas de voyages dans les zones rouges, formellement déconseillées, ni dans les zones orange, formellement déconseillées sauf raison impérative, c'est-à-dire strictement professionnelle", assure Jean-Pierre Mas. Rien n'empêche pour autant des voyageurs aventureux de s'y rendre à titre individuel. "Il n'y a pas de moyen de l'interdire", poursuite Jean-Pierre Mas sur France Info,  "sauf mettre un GPS sur chaque Français qui se déplace et le sanctionner en retour."

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