Tour de France : pourquoi Bardet peut encore perdre sa troisième place lors de la dernière étape

DirectLCI
TROIS OU QUATRE - Nanti de moins d'une seconde d'avance sur le quatrième Mikel Landa, l'Auvergnat pourrait risquer sa place sur le podium du Tour de France, dimanche 23 juillet, sur les Champs Elysées. Mais encore faudrait-il que le 4e en question en manifeste l'envie...

"Ouf ! Il est troisième", a-t-on pu lire, écrire ou entendre, au moment où Romain Bardet franchissait la ligne du contre-la-montre individuel de Marseille, qui tenait lieu d'avant-dernière étape du Tour de France. Au bout de 22 kilomètres en forme d'enfer pour le Français, il parvenait, après avoir dit adieu à ses espoirs de maillot jaune ainsi qu'à se deuxième place, à sauver sa place sur le podium d'une minuscule seconde. Tellement minuscule qu'il s'agit en fait de 85 centièmes d'avance sur le Basque de la Sky Mikel Landa. 

L'hypothèse d'une cassure

Dans ces conditions, comment être bien certains que le Français montera sur le podium des Champs ? Après tout, rien n'interdit à un leader de tenter sa chance en solitaire pour grappiller quelques secondes sur un concurrent. Sauf cette tradition  tacite qui veut que, depuis quelques années, l'on n'attaque plus ses rivaux au classement général lors de la dernière étape qui mène aux Champs-Elysées. Qu'il est loin le temps où, alors qu'il accusait pourtant plus de 2 minutes de retard, Eddy Merckx avait tenté de déposséder le Français Bernard Thévenet de sa tunique... Désormais, la dernière étape du Tour fait assaut de politesses à un train de sénateur jusqu'aux dix à quinze derniers kilomètres, lors desquels quelques bagarreurs tentent bien de s'arracher de la torpeur du peloton... pour mieux être avalés, quelques hectomètres plus tard, par celui-ci, pour faire place aux tigres du sprint.


Si Mikel Landa ne représente évidemment pas un danger au sprint pour Romain Bardet, et ne risque donc pas d'aller gratter de précieuses secondes de bonifications, les Sky vont-ils passer à côté de la possibilité de placer le coéquipier de luxe de Chris Froome sur la troisième place du podium ? Au hasard, en lâchant les chevaux sur les Champs-Elysées au moyen des formidables rouleurs que sont Michal Kwiaktowski ou Vasil Kiryenka pour provoquer une cassure et piéger les AG2R de Bardet ?

Les AG2R méfiants

Interrogés à la fin de la 20e étape, les intéressés choisissaient les dénégations ou de botter en touche. Interrogé par Cyclism'Actu, Nicolas Portal semblait ne pas envisager l'hypothèse : "C'est dommage pour Mikel Landa de finir à seulement une seconde du podium". Auprès de L'Equipe, Christopher Froome, il soufflait le chaud et le froid : "En ce qui me concerne, la bataille pour le général est terminée." Et Mikel Landa ? Sur Cyclism'Actu également, il dressait déjà un bilan de son Tour qui ne laissait pas de place au doute sur ses espoirs pour la dernière étape, réservée de coûtume aux sprinteurs.


Pas forcément rassurés, les AG2R prendront les mesures nécessaires pour éviter toute mauvaise surprise : "Mettez-vous à la place de Landa, prévenait sur L'Equipe le Belge Jan Bakelants. Il est vraiment tout près du podium et il a vu que Romain était en difficulté aujourd'hui." Et quand bien même les Sky ne voudraient pas secouer la course, il faut se prémunir d'éventuelles cassures liées aux remous du sprint massif à venir. Un risque auquel le directeur sportif Julien Jurdie répond avec le garde du corps de Bardet et champion de Belgique Olivier Naesen : "Il sera dans les premières places avec Romain dans sa roue." Prudence est mère de sûreté.

Lire et commenter