Tour de France : Mikel Landa, entre coup tactique de la Sky et "vraie menace" pour Chris Froome

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LEADER BIS - Grand animateur de la 13e étape du Tour de France ce vendredi, Mikel Landa a intégré avec brio le Top 5 au général. Alors que Chris Froome, son équipier chez la Sky, était en dedans dans les Pyrénées, sa rôle exact jette le trouble sur la tactique de son équipe. Deuxième carte ou atout maître, peut-il vraiment être dérangeant ?

Tout pour Chris Froome, vraiment ? Dans les Pyrénées, la stratégie des Sky était simple. Garder le maillot jaune sur les épaules du triple vainqueur du Tour de France. Ainsi, ce jeudi, lors de la première étape pyrénéenne, l'ensemble de la formation britannique s'est battue pour l'emmener jusqu'au pied de la montée finale et la pente à 16% de l'altiport de Peyragudes. Sauf que... rien ne s'est passé comme prévu. Sur l'attaque conjointe de Fabio Aru et de Romain Bardet, le Britannique a calé dans les derniers mètres et concédé plus de 20 secondes à ses rivaux. Pis, il a même abandonné son maillot jaune pour 6 secondes au profit du leader de l'équipe Astana, le champion d'Italie Fabio Aru.

Le lendemain, lors de la courte mais hargneuse étape entre Saint-Girons et Foix, remportée au panache par Warren Barguil, Mikel Landa a lâché Froome pour suivre Alberto Contador dans la montée du col de Latrape, la première ascension du jour. Mais le Basque ne s'est pas contenté de le suivre, il a aussi assuré les relais avec "El Pistolero" et permis de creuser les écarts pour se replacer au général. Résultat : l'équipier de Froome intègre le Top 5 au général, à seulement 1'09" de Fabio Aru. "J'ai pensé (au maillot jaune), mais je savais que ce serait difficile", a-t-il déclaré après la 13e étape, sur le site officiel du Team Sky.

Quoiqu'on en dise, cet événement n'est pas anodin. Loin de là. L'explication de texte musclée que Landa a eue avec son directeur sportif Nicolas Portal, qui lui reprochait de ne pas avoir attendu Froome dans l'ascension finale vers Peyragudes jeudi, ne fait que renforcer cette impression. L'idée selon laquelle l'Espagnol est plus fort que le Britannique... pour l'instant.

Ce genre de concurrence, le Team Sky s'en est souvent servi. À son avantage. On a connu la lutte intestine entre le "Kényan blanc" et Wiggins il y a cinq ans sur le Tour 2012 quand Froomey avait fait la démonstration qu'il était, déjà, plus fort que son leader et futur vainqueur du Tour. Et cela s'est répété les années suivantes lorsque Chris Froome a pris le leadership au sein de la formation de Dave Brailsdord. Mais jusqu'ici, le Britannique a toujours su se sortir d'un mauvais pas, en toisant Richie Porte en 2013 et Wout Poels lors des deux dernières éditions du Tour. Mikel Landa, son nouveau super-lieutenant, a tout de celui qui peut venir contrecarrer ses plans de victoire finale sur les Champs-Élysées.


Chris Froome s'en méfie d'ailleurs comme du lait sur le feu. "J'ai une grande confiance en Mikel et je pense qu'il a montré pourquoi aujourd'hui (vendredi), a-t-il confié devant le bus des Sky. Maintenant, c'est une vraie menace pour la victoire finale et une opportunité intéressante pour l'équipe." Proche de ravir le maillot jaune, il a été pointé à 10 secondes d'Aru pendant un moment lors de la 13e étape, le meilleur grimpeur du dernier Giro est un sérieux client qu'il faudra surveiller dans les Alpes. 

Pour autant, les Sky ne devraient pas tout miser sur le Basque au détriment de Froome. En revanche, les Britanniques ont vu en Mikel Landa l'occasion de placer deux coureurs sur le podium. Quand on connait les qualités du Basque en contre-la-montre (il est vice-champion d'Espagne de l'exercice), l'hypothèse est crédible. À l'instar de ce qui avait déjà été fait sur la Grande Boucle 2012, avec Chris Froome et Bradley Wiggins. Ce "coup tactique" est d'ailleurs assumé ouvertement par la direction des Sky et son porte-voix Nicolas Portal. "On avait deux coureurs bien placés au général, il fallait jouer là-dessus. Landa, c'était l'homme clé", a-t-il expliqué à l'arrivée à Foix. Un "homme clé", futur coureur providentiel ?


On ne peut en effet s'empêcher de s'interroger sur les conséquences de cette stratégie à long terme. Qu'adviendra-t-il de l'entente Landa-Froome dans les Alpes si le lauréat 2013, 2015 et 2016 lâche en montagne et que l'autre a les jambes ?

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