Le journal du Vendée Globe : Le Cléac'h perd encore du terrain sur Thomson

VENDEE GLOBE

VOILE - Partis des Sables d’Olonne le 6 novembre, les skippers sont embarqués pour un tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance. Ce mardi, Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII), ralenti par son option tactique vers l'Est, a encore perdu du terrain sur Alex Thomson (Hugo Boss) et ne comptait plus que 279 milles d'avance en tête du Vendée Globe.

Une journée qui devrait compter

Elle pourrait bel et bien être décisive. Cette journée du 27 décembre, 51e jour de mer, peut s'avérer être le dénouement pour savoir ce qui se trame entre 200 et 500 milles dans le Nord-Est de l’archipel des Malouines. En clair, Armel Le Cléac’h a devant lui une dorsale de vents faibles qu’il doit tenter de contourner par le Sud, car il n’y a aucun salut à attendre près des côtes du continent américain où il ralentit dangereusement depuis plusieurs jours. La difficulté, pour lui, est que le couloir est on ne peut plus étroit, car limité sur sa droite par la Zone d’exclusion antarctique (ZEA) le fameux "mur des glaces". Voilà pourquoi le skipper de Banque Populaire VIII n’a d’autre choix qu’empanner et tricoter serré le long de cette ZEA. C’est ce qui pourrait bien dicter sa trajectoire pendant encore au moins 400 milles, le temps d’essayer de passer au Nord de cette fameuse dorsale et d'être plus libre de ses mouvements côté tribord, ce qui ne se fera qu'en quittant les "Quarantièmes Rugissants". Pendant ce temps, avec du vent plus soutenu et un meilleur angle, Alex Thomson (Hugo Boss) fonce tout droit, à plus de 19 nœuds ce matin contre 17 pour Armel Le Cléac’h. 

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Pour Beyou, c'est l'alignement des planètes

Si il y en a un pour qui tous les feux sont au vert, c’est bien Jérémie Beyou. Le skipper de Maître CoQ n’est plus qu’à 150 milles du Cap Horn, qu’il va doubler à la troisième place dès cet après-midi avec plus de 800 milles d'avance sur son compatriote Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac). Peu probable il y a voilà un mois, quand il se débattait avec ses problèmes pour recevoir la météo - entre autres - et qu’il se plaignait de devoir naviguer "à l’ancienne", ce qui est  loin d’être une assurance tous risques... Aujourd'hui encore, il doit faire avec - où plutôt sans... -, mais le matelas est tout de même confortable, même si Dick puis le tandem composé de Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) et Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) sont relativement véloces eux-aussi. Tout va bien également au milieu du Pacifique pour Louis Burton (7e sur Bureau Vallée), bien calé dans un flux de Nord modéré le long de la ZEA. Environ 800 milles derrière lui le Hongrois Nandor Fa (Spirit of Hungary) est toujours 8e mais un peu moins rapide (12 nœuds), à cause d’une petite zone de transition qui perturbe son vent d’Ouest.

Colman, en pleine tempête

L’autre grande interrogation du jour réside en la formation de la grosse tempête dans le Sud immédiat de la Nouvelle-Zélande. Celle-ci génère déjà des vents de plus de 50 nœuds ( 93 km/h) avec des craintes de rafales comprises entre 60 et 80, voire 90 nœuds ( 166 km/h.). Un "monstre météorologique" selon les organisateurs, dont Conrad Colman (Foresight Natural Energy, 9e) du peloton se trouve actuellement devant et tente d'y rester. Lui qui déclarait avant l’Indien aimer le gros temps et s’y sentir à l’aise, il risque d’être servi… En espérant encore une fois qu’il réussisse à échapper par l’Est au plus fort du phénomène...

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