"Mon meilleur préparateur mental, c'est ma femme" : comment les skippers préparent-ils le Vendée Globe ?

VENDEE GLOBE
VENDÉE GLOBE – Particulièrement éprouvant physiquement et mentalement, le Vendée Globe, dont le grand départ aux Sables d’Olonne est prévu le 6 novembre, nécessite une préparation minutieuse et millimétrée. Avant de s’élancer pour leur tour du monde à la voile, les skippers nous en détaillent les contours.

80 jours en mer, voire 90 pour les skippers les moins aguerris, seul à bord d’un bateau, c’est long, usant, éprouvant. À tout point de vue. Durant ces quatre dernières années, les 29 skippers au départ du Vendée Globe (6 novembre) se sont ainsi préparés physiquement et mentalement à cette épreuve qui demande une condition physique irréprochable au regard des nombreux imprévus auxquels ils devront faire face durant la course. Quand certains privilégient les sorties en mer, d’autres profitent du travail effectué sur leur bateau, en amont de leur tour du monde, pour s’entretenir. Témoignages.

Arnaud Boissières (44 ans, Français - La Mie Câline) :

"Pour préparer de la meilleure des manières mon Vendée Globe, j’ai énormément navigué. Parfois plusieurs jours d’affilée. Chaque navigation est importante, intéressante et apporte quelque chose en plus. Même quand on sort avec des sponsors, ça nous permet de faire des essais sur des voiles par exemple. En revanche, je n’ai pas de préparateur mental. J’ai le bonheur de vivre une telle expérience. Finalement, mon meilleur préparateur mental, c’est ma femme et mon petit garçon qui va naître. C’est ça qui me booste."

Louis Burton (31 ans, Français – Bureau Vallée) :

"D’un point de vue mental, je gère ça tout seul. J’essaye de prendre du plaisir à terre avant la course, c’est important. En ce qui concerne la préparation physique, j’ai un coach qui me suit depuis quatre ans et avec lequel je m’entraîne très régulièrement, particulièrement l’année d’un Vendée Globe. L’idée première, c’est de prendre du poids en muscles déjà, car c’est une épreuve éprouvante lors de laquelle on va maigrir. La nutritionniste pense que je vais perdre entre cinq et dix kilos. J’ai déjà vécu une transat où ça s’était mal passé au niveau alimentaire avec des problèmes de gaz pour faire chauffer l’eau et les plats lyophilisés et j’étais arrivé en carence de vitamine C… Je n’ai pas encore l’expérience d’une course 80 jours mais si je me retrouve dans une pareille situation, ça peut devenir grave. Et puis à côté de ça, on a des tests médicaux bien spécifiques en amont de la course."

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Conrad Colman (32 ans, Néo-Zélandais – 100% Natural Energy) :

"Ma préparation physique se fait en parallèle de la préparation du bateau. En 2007, à l’époque où j’étais encore au Colorado, j’étais un vététiste de haut niveau et j’ai conservé une bonne condition physique car je faisais également des triathlons longue distance. Cette histoire en tant qu’athlète de haut niveau m’apporte beaucoup de choses. Car il faut savoir confronter ses limites physiques et mentales et puis j’aime me faire mal (rires)."

Kito de Pavant (55 ans, Français – Bastide Otio)

"On se prépare pour ce Vendée Globe depuis longtemps. C’est un travail de longue haleine avec des coaches, surtout quand on n’a plus vingt ans, comme moi (rires). Il faut travailler un peu plus ! J’ai commencé à faire ma condition physique à l’âge de 40 ans, j’en ai 55 aujourd’hui et il faut que j’en fasse encore un peu plus aujourd’hui. Concernant la tête, c’est plus facile, elle est déjà bien cabossée. Même si le Vendée a une dimension bien particulière car on représente beaucoup de monde. Il y a forcément une pression supplémentaire."

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