Vendée Globe : "Quand nous sommes partis, en 1989, c'était dans une relative indifférence", se rappelle Titouan Lamazou

Vendée Globe : "Quand nous sommes partis, en 1989, c'était dans une relative indifférence", se rappelle Titouan Lamazou
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VOILE - À quelques jours du grand départ aux Sables-d'Olonne dimanche, l'ancien navigateur, qui a remporté la première édition de la plus grande course autour du monde en solitaire (sans escale et sans assistance) en 1990, s'est plongé dans ses souvenir lors d'un entretien qu'il a accordé à l'AFP.

LCI : Vous avez gagné le premier Vendée Globe en 109 j 08 h et 47 min. Dans quel état d'esprit étiez vous au départ des Sables-d'Olonne, vous et vos 12 adversaires? Et que vous inspire aujourd'hui cette régate planétaire, dont ce sera la 8e édition ?

Titouan Lamazou : Le Vendée Globe reste le plus gros événement de voile en France. Tout le monde connaît cette course, même les gens qui ne savent rien de la voile. C'est mythique. En France, c'est plus fort que la Coupe de l'America. Quand nous sommes partis, en 1989, c'était dans une relative indifférence et il n'y avait que les skippers qui savaient ce que c'était. Et les gens des Sables-d'Olonne... Mais très vite, il y a eu un immense intérêt et cet engouement n'a jamais faibli. A l'époque, personne ne pouvait imaginer qu'on tourne autour du globe en 109 jours. Aujourd'hui, François Gabart (vainqueur du dernier Vendée Globe, en 2013) est passé sous la barre des 80 jours (78 j 02 h et 16 min, ndlr) ! La course a été hyper médiatisée dès le début et il y a chaque fois plus de communication. Plus de technologie aussi et, contrairement à ce que pensent certains, c'est de plus en plus difficile.

Le Vendée, c'est mythique".Titouan Lamazou

LCI : Vous êtes aujourd'hui un artiste et un écrivain reconnu. Avez-vous tout de même été tenté de participer à nouveau à cette course ?

Titouan Lamazou : Non, pas du tout. Le Vendée Globe appartient à ma vie mais je ne suis pas du tout tenté de remettre ça. En 1990, à l'arrivée, j'avais obtenu ce que je voulais. J'ai navigué avec Eric Tabarly et fait six ans de courses au plus haut niveau (BOC Challenge, Québec/Saint-Malo, Route du Rhum, etc.). J'étais habité par cette hargne de gagner. Ce sentiment m'a quitté dès que j'ai franchi la ligne d'arrivée aux Sables-d'Olonne. Ma vocation était celle d'être artiste. J'espère d'ailleurs pouvoir annoncer bientôt que j'ai assez de fonds pour commencer la construction de mon futur navire, un bateau-atelier, un espace de travail pour des artistes et des chercheurs, un lieu de création artistique qui fera le tour du monde le plus lentement possible, comme une maison en mouvement.

LCI : Quelle partie de vos circumnavigations (Lamazou a également participé à deux BOC Challenge, tour du monde en solo avec escales, ndlr) avec avez vous préférée (ou détestée), celle qui vous a le plus marqué ?

Titouan Lamazou : J'ai beaucoup aimé le Grand Sud mais j'ai un faible pour l'océan Indien, même si les dépressions s'y succèdent. Il y fait froid, l'air est pur, d'une grande limpidité. La mer peut être énorme, c'est totalement hostile et on y ressent une très grande solitude. C'est aussi le premier contact avec les 40e (Rugissants) et les 50e (Hurlants) degrés de latitude sud, après la longue descente de l'Atlantique. Il y a cette tension qui commence et ne cessera qu'au passage du cap Horn, après la traversée du Pacifique. L'Indien, c'est le pays de l'ombre, mon océan de cœur.

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