Vendée Globe : pourquoi les skippers redoutent-ils tous la zone du Pot au Noir ?

Vendée Globe : pourquoi les skippers redoutent-ils tous la zone du Pot au Noir ?
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VOILE - Partis depuis le 6 novembre dernier pour un tour du monde à la voile en solitaire, sans assistance ni escale, les concurrents de 8e Vendée Globe approchent à nouveau (ils y sont passés à aller) un passage légendaire et délicat de cette course : le fameux Pot au Noir. Une zone de convergence intertropicale au niveau de l'équateur, dont on vous dit tout.

Une météo très instable

Dans le brouillard. Alors que les navigateurs se servent de modèles météo à plusieurs jours afin de pouvoir planifier leur trajectoire et leur stratégie de course, la zone du Pot au noir leur propose une sorte de no man's land météorologique. Impossible, en effet, de prévoir les changements de temps à cause de la convergence des masses d'air chaudes et humides anticycloniques provenant des tropiques et portées par les alizés. Qualifié de "bazar" par Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII), daupin d'Alex Thomson (Hugo Boss), ce passage délicat oblige à naviguer par "vents variables et mous", comme l'explique Jean Le Cam (Finistère Mer vent), et à "beaucoup de changements de voiles".

Pourquoi ce surnom ?

Trois pistes existent pour comprendre l'origine étymologique de cette zone du globe. La première fait référence au jeu colin-maillard, dans lequel une personne avance les yeux bandés et doit en attraper d'autres. Et l'expression, qui apparaît dans le dictionnaire à partir du XVIIe siècle, parlerait de ce joueur qui risquait de se cogner sur un obstacle et de finir avec un œil au beurre... noir. La deuxième explication évoque un objet capverdien, l'Etat insulaire de l'Afrique de l'Ouest justement situé un peu plus au nord de ce fameux Pot au Noir, qui est une sorte de pot ou de jarre qui faisait office de poubelle... La dernière piste mène au sombre épisode de la traite des Noirs, débutée au XVIe siècle, durant laquelle les négriers profitaient du calme régnant dans la région et du ralentissement des navires pour jeter par-dessus bord des esclaves malades, donc contagieux... Bref, rien de très réjouissant.

Un tournant dans la course ?

Dans le mano a mano auquel se livrent le leader Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et son dauphin Alex Thomson (Hugo Boss) depuis plusieurs semaines, le passage Pot au Noir pourrait changer la donne en cette fin de Vendée Globe (les deux leaders étant attendu aux Sables-d'Olonne dans une douzaine de jours). Reste que, même dans une zone météoritique perturbée comme il l'a vécu il y a quelques jours après le Cap Horn (où il a traversé une bulle sans vent), Le Cléac'h a montré qu'il était capable de résister au retour de Thomson, pourtant revenu à une cinquantaine de milles. Car depuis, le skipper français a repris le large et devance son rival gallois de 332 milles.

En vidéo

Vendée Globe - Paroles de solitaires du 15 novembre : les skippers à l’épreuve du Pot au Noir

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