Vendée Globe : au milieu du Pacifique, Louis Burton est partagé entre routine et enthousiasme

VENDEE GLOBE

VOILE – Parti des Sables d’Olonne pour un tour du monde en solitaire, sans assistance ni escale, sur son bateau Bureau Vallée, Louis Burton (actuellement 7e) va vous faire vivre cette incroyable aventure de l’intérieur. Régulièrement, le jeune navigateur parisien (31 ans) partagera sur LCI.fr ses impressions et son quotidien durant ce Vendée Globe 2016.

"C’est super : cela fait plusieurs jours que je glisse facilement dans cet océan Pacifique, depuis que je suis sorti de la dépression néo-zélandaise. Je longe la ZEA (Zone d’Exclusion Antarctique) avec 20 à 30 nœuds de vent de Nord-Ouest, sur une mer plate : on se croirait en baie de Quiberon, c’est top ! Je suis à environ 1 800 milles du cap Horn et j’ai même reçu cette nuit, un message des services de sécurité chiliens. Je vais devoir faire un empannage pour éviter une zone sans vent qui va se former au large de la Patagonie, et je devrais donc longer les côtes de la Terre de Feu : cela va me permettre de retrouver progressivement la civilisation car je suis bien isolé depuis des lustres… Il n’y aura pas beaucoup de vent quand j’arriverai dans le détroit de Drake. En tous cas, je suis bien sorti des galères et le Pacifique porte bien son nom !

C’est attirant de se rapprocher de l’humanité et en même temps angoissant d’atterrir- Louis Burton

Cela n’a rien à voir avec l’océan Indien où les dépressions étaient super rapprochées, avec des phases de transition très courtes, galères et casse-bateau. Depuis que je longe la ZEA, c’est le vrai bonheur : je suis toujours dans le même système météo… Je suis entré dans une espèce de routine qui rend l’approche de la terre assez étonnante : j’ai hâte d’un côté, et de l’autre je suis bien dans cet océan. Quand je vais dormir, je sais que j’ai peu de chance de rencontrer un bateau ! C’est attirant de se rapprocher de l’humanité et en même temps angoissant d’atterrir. C’est enthousiasmant de passer ce cap mythique et de quitter cette grande solitude. Mais c’est dommage de laisser dans son sillage cet endroit du monde où on voit des paysages magnifiques, où on a un rythme de vie plus serein, de nouvelles habitudes. C’est assez fort ici : c’est tellement immense, tellement isolé ! On a le temps de regarder autour de soi.

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Le plafond nuageux est beaucoup moins oppressant que dans l’Indien, j’ai eu du soleil il n’y a pas longtemps, après des semaines et des semaines de gris… On se sent tout petit mais à la fois, c’est une chance inouïe de naviguer par là. Il n’y a quasiment pas de houle depuis trois jours, juste quelques petites vagues générées par 25 nœuds de vent : le bateau ne souffre pas. Physiquement, je vais bien. Mais j’ai mangé tout ce que j’aimais et c’est moins bien maintenant… Certes, je suis un peu plus fatigué et les manœuvres sont un peu plus longues à faire. J’ai pu réparer tout ce qui clochait, mais j’ai des chandeliers qui s’arrachent et c’est un souci qu’il va falloir que je résolve. La lumière commence à tomber ici : il va faire nuit. Mais avant de se quitter, je tenais à féliciter Thomas Coville pour son tour du monde : ce sera dur de faire mieux ! Bravo."

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