Vendée Globe : ces 6 choses que vous ne saviez pas sur Sébastien Destremau, le dernier héros de la course

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VOILE – Ce samedi, Sébastien Destremau a fini dernier du Vendée Globe 2017. Le skipper gagne surtout à être connu. La preuve par six.

Sébastien Destremau aura vraiment dû lutter jusqu’au bout. Après 124 jours de course, durant lesquels il aura notamment retourné son bateau dans l’océan Indien et traversé une immense tempête au sud de la Nouvelle-Zélande, le 18e et dernier concurrent du Vendée Globe (11 skippers ont abandonné) pensait bien retrouver la terre ferme vendredi. 


Mais une absence de vent, puis une marée défavorable, l’ont obligé à passer une dernière nuit en mer : il n'a donc pu s’engager dans le chenal des Sables d’Olonne que ce samedi (vers 13h), soit un mois et 23 jours après qu'Armel Le Leac'h a posé le pied sur la terre ferme. Voici six aspects méconnus de sa personnalité, qui le rendent singulier, voire très sympathique.

  • 1Il est journaliste sportif

    "Je ne me sens pas différent de mes concurrents parce que je ne les connais pas. C’est ce qui fait la différence, je ne viens pas du tout de ce milieu", expliquait-il au départ de la course. Et pour cause : ce régatier de haut niveau a longtemps seulement côtoyé le monde de la voile en tant que journaliste sportif. D’ailleurs, pour la petite histoire, c’est en commentant pour une grande chaîne de télévision le départ du Vendée Globe 2012-2013 aux Sables d’Olonne qu’il a décidé de se lancer dans l’aventure du tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Mission accomplie quatre ans plus tard.
  • 2En fait, il n’avait pas du tout hâte que la course se termine

    Il l’a confié vendredi à France Info : "Je ne sais pas à quoi m'attendre. Vu l'enthousiasme et l'intérêt des médias, il y aura sans doute un peu de monde aux Sables-d'Olonne. Cela me fait plaisir. Mais quitter cette expérience, non, cela ne me fait pas plaisir. Demain et après-demain, au retour, ce sera génial. Ensuite..." Puis d’ajouter, inquiet : "Il ne sera pas évident de passer du monde égoïste qui fut le mien à du monde partout, avec des voitures et de la pollution."
  • 3Il a fui les rapports humains

    Sébastien Destremau a aussi expliqué qu’il a pris soin d’éloigner de lui, pendant la course, tout ce qui pouvait avoir un rapport avec la vie sur la terre ferme : "Je n'ai pas emmené de livre. Ni musique, ni photos, ni champagne, ni cigarettes... Je n'ai pas reçu beaucoup de nouvelles de ce qui se passe dans le monde. J'ai passé énormément de temps à regarder la mer et les albatros, à faire des petites vidéos, à être créatif, à écrire un livre. Sur mon bateau, j'ai l'esprit qui vagabonde."
  • 4Il avait un tout petit budget et un drôle de bateau

    En football, on aurait dit de lui qu’il était le "Petit Poucet" : quand certains skippers alignaient jusqu'à 5 millions d'euros pour leurs bateaux, Sébastien Destremau se présentait, lui, avec 350 000 euros péniblement réunis. Ce n’est pas sa seule singularité, puisqu’il lui a fallu rassembler les soutiens de quelque 38 entreprises de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. "C'est la première fois qu'un bateau de Toulon, du Var, de Paca, voire du bassin méditerranéen français, termine cette épreuve, souligne-t-il. Ce n'est pas un bateau de Bretagne, où il y a un savoir-faire, une expérience. Nous sommes allés chercher ce bateau en Afrique du Sud et je n'avais jamais navigué sur un Imoca (un monocoque de 60 pieds, ndlr). Nous l'avons préparé avec nos idées, sans aucune expérience. Ce n'est pas mal pour moi, pour mon frère qui a pris la direction technique, pour l'équipe. C'est une fierté."
  • 5Il a composé une chanson

    "Il est parti en solitaire pour faire le tour de la terre. Sur un bateau qui a 20 piges, faut pas pousser sur la machine. L'essentiel c'est d'arriver, Armel (Le Cléac'h) m'attend pas pour dîner. De Le Cléac'h à Destremau, de Gabart (François, vainqueur du Vendée en 2013) à Di Benedetto (Alessandro, dernier en 2013), il faut un grain pour être marin", l’a-t-on entendu chanter sur une vidéo postée durant la course. On ne sait pas si c'est ce qui a provoqué la tempête néo-zélandaise.
  • 6Il a sacrément la dalle

    "La nourriture, c'est la catastrophe. J'en avais prévu pour 110 jours, donc maintenant je suis sous rationnement. Au lieu d'avoir trois repas par jour, j'en ai un l'après-midi. Ça commence à être très long de manger aussi peu", confiait-il jeudi à Europe 1. Au gré d'une de ses vidéos, on l'a vu tenter de pêcher pour se nourrir au 114e jour : "Mais je suis assez mauvais, a -t-il confié sur Europe 1. Carrément mauvais même. Si je pouvais, je commanderais une pizza, une bière, un burger, des fruits et un café !" Les restaurateurs des Sables d’Olonne sont prévenus.

Et donc la fameuse chanson de sa composition

En vidéo

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