Vendée Globe : comment les skippers dorment-ils en mer ?

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SOMMEIL – Le 6 novembre prochain, 29 marins partiront faire le tour du monde à la voile, en solitaire. Mais comment vont-ils faire pour récupérer sans se mettre en danger ? Éléments de réponse avec le Dr Caroline Chamond.

Ils seront 29 hommes à prendre le large à bord de leurs voiliers monocoques ce dimanche. Leur objectif : faire le tour du monde en solitaire, sans aucune assistance. Pour parvenir à leurs fins, les marins pourront bien sûr compter sur la technologie de leurs bateaux mais devront surtout faire preuve d’endurance pour garder le cap. Mais comment réussir un tel exploit alors qu’ils sont seuls au milieu d’un vaste océan ? Les skippers peuvent-ils se reposer sans mettre leur vie en péril ? Le Dr Caroline Chamond, médecin référent du navigateur français Louis Burton, a répondu aux questions de LCI.

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LCI : Le sommeil des navigateurs est-il différent du nôtre ?

Dr Caroline Chamond : Fondamentalement, les phases du sommeil restent les mêmes. Il y a d’abord la phase d’endormissement qui dure de 10 à 15 minutes. Puis, la phase de sommeil "lent léger" où une personne commence à ne plus avoir conscience de son environnement. Ce n’est qu’à partir de 45 minutes que le sommeil est vraiment réparateur avec la phase de sommeil lent profond. Une fois que le corps a récupéré, c’est au tour du psychique avec la phase dite de "sommeil paradoxal". Tout le travail des navigateurs est d’apprendre à récupérer dans un court laps de temps.

LCI : Combien de temps doivent-ils dormir ?

Dr Caroline Chamond : Au moins six heures par jour. Dans l’idéal, quatre heures de nuit et deux heures le jour. Mais le sommeil doit toujours être fractionné et ne pas dépasser quarante minutes pour éviter la dérive. Les skippers mettent souvent des alarmes pour se réguler. Certains ont d’ailleurs des montres qui leur permettent d’enregistrer leurs phases veille-sommeil et éviter d’être dans le rouge. En amont, des enregistrements sont réalisés pour déterminer la durée des cycles propres à chacun.

LCI : C’est-à-dire ?

Dr Caroline Chamond : Lorsqu’une personne ne dort pas assez elle accumule une dette de sommeil. Résultat : elle est moins attentive et moins vigilante. Mais pour les skippers qui sont seuls en mer, les risques sont d’autant plus grands, surtout s’ils laissent leur bateau dériver six heures de suite. Les navigateurs peuvent aussi avoir des hallucinations. Ils imaginent alors que des proches sont avec eux ou peuvent souffrir d’angoisse. Mais personne n’est là pour les rassurer. Pour éviter cela, ils doivent s’obliger à dormir lorsque la météo leur permet.

LCI : Y a-t-il des méthodes pour les aider à dormir ?

Dr Caroline Chamond : Ils peuvent faire des exercices de relaxation ou de sophrologie pour se détendre. Mais au bout de deux jours ils accumulent déjà une dette de sommeil et s’endorment alors plus rapidement. En revanche, ils ne prennent pas de médicaments et ne doivent pas se couper du bruit pour être toujours réactifs.

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