Vendée Globe : Louis Burton à cœur ouvert dans la dernière ligne droite

VENDEE GLOBE

VOILE - Parti le 6 novembre dernier des Sables d’Olonne pour un tour du monde en solitaire, sans assistance ni escale, sur son bateau Bureau Vallée, Louis Burton (actuellement 7e) vous a fait vivre cette incroyable aventure de l’intérieur. Tout le long de la course, le jeune navigateur parisien (31 ans), qui devrait toucher terre mercredi prochain, a partagé avec LCI.fr ses impressions et son quotidien durant ce Vendée Globe. Voici l'heure de sa dernière chronique : une lettre d'amour...

Bon, voilà ! The last one !

Je vous écris depuis le sud des Açores, où je suis désormais en tête de flotte ! Ce qui constitue le plus grand de mes rêves ! Bon là, en l’occurrence, c’est parce que mes six prédécesseurs ont franchi la ligne. Sachez-en tout cas que j'ai été très fier de tenir cette chronique, j’espère vous avoir transmis un peu de mes émotions durant cette course. Et pour la dernière, je vais vous parler d'une histoire universelle qu'un génie a su résumer en une phrase toute aussi universelle. Une pensée que l'histoire hésite à attribuer à Legouvé (Ernest) ou à Talleyrand. En ce qui me concerne, ce résumé intemporel qui donne les clefs de compréhension des hommes qui réussissent est parvenu jusqu'à moi en 2011. Dans un café parisien, lorsque je racontais à Bruno Peyroles (PDG de Bureua Vallée, ndlr) la rencontre géniale d'une femme contre qui j'avais couru la Route du Rhum 2010, et avec qui je projetais de courir la Jacques Vabre 2011.

Louis, un jour, tu te souviendras de ça : derrière la réussite de chaque homme, il y a une femme"- Le PDG de Bureau Vallé à Louis Burton

Après de longues minutes à m’écouter lui raconter mon histoire, les détails de sa personnalité que j'avais pu appréhender, notre rencontre, son parcours, son statut, il m'a dit : "Louis, un jour, tu te souviendras de ça : derrière la réussite de chaque homme, il y a une femme". J'avais 25 ans, parisien, je venais de réaliser un rêve complétement fou et je me sentais invincible. Je vivais une belle relation avec une jeune fille, j'avais bien eu quelques belles rencontres et aventures depuis l'adolescence, mais à mon sens, cette réussite (courir le Rhum), je la devais avant tout au travail, à la rencontre de mes sponsors, au soutien de mes potes, (les fameux "prix Nobel"), à ma famille, mais certainement pas à une femme. Sauf qu'aujourd'hui, 25 janvier 2017, 6 ans plus tard, j'ai compris.

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Vendée Globe - Seuls autour du monde du 4/01 : Louis Burton, 7e concurrent à franchir le Cap Horn

Depuis ce mois de mars 2011 où elle est entré dans ma vie, ou plutôt depuis que je suis entré dans la sienne. Mon existence a changé. Je n'ai pas la prétention de dire que je réussis ma vie au sens universel du terme, mais depuis qu'elle est là, je suis heureux et les choses vont bien. J'ai eu deux enfants géniaux, mon projet de course au large avec Bureau Vallée a pris de l'ampleur en me permettant de courir autour du globe sur un bateau magnifique. Et chaque jour qui passe est constitué de 24 heures de bonheur au sens large du terme, incluant les joies et les peines. Car cette femme sait être une working girl, prenant les choses en main dès que nécessaire, elle inonde notre univers professionnel de sa clairvoyance et de son influence. 

Pour moi, cette femme si importante aux yeux de Legouvé et Talleyrand répond au doux nom de : Servane Escoffier"- Louis Burton

Elle sait aussi être une maman hors norme, une vraie louve, qui entretient une relation avec ses enfants aussi radicalement fusionnelle qu'une rétine avec sa prunelle. Elle sait me conseiller, me calmer aussi parfois. Elle est capable d'une finesse d'analyse que seuls les gens foncièrement honnêtes peuvent produire. Cette femme m'a toujours fait confiance, même dans les moments de galère, elle a toujours cru en moi lorsque d'autres doutaient, ce qui m'a donné des forces  qui auraient pu me manquer. Dans notre cas, il faut se rendre compte que lors d'un Vendée Globe, elle se retrouve à gérer seule ce que d'habitude, nous gérons à deux. En ayant en plus à supporter son marin lors des galères et des coups durs de la course. 

En 2011, mon rêve était de courir la Transat Jacques Vabre avec elle, la vie en a décidé autrement. Mais 6 ans plus tard, en 2017, nous allons enfin la courir ensemble ! Je sais que je vais apprendre auprès de cette championne au palmarès impressionnant, plus qu’auprès de n'importe qui d'autre ! Voilà, j'avais envie de vous parler de ça, car je pense à elle à chaque seconde qui s'envole en me rapprochant, je l’espère, de ce que je pourrais considérer comme une réussite et que je lui attribuerai sans la moindre hésitation : boucler le Vendée Globe ! Pour moi, cette femme si importante aux yeux de Legouvé et Talleyrand répond au doux nom de : Servane Escoffier.

Merci à toi.

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