Vendée Globe : Louis Burton s'éclate, mais commence à trouver le temps un peu long...

VENDEE GLOBE

VOILE - Parti des Sables d’Olonne pour un tour du monde en solitaire, sans assistance ni escale, sur son bateau Bureau Vallée, Louis Burton (actuellement 7e) vous fait vivre cette incroyable aventure de l’intérieur. Régulièrement, le jeune navigateur parisien (31 ans) partage en effet sur LCI.fr ses impressions et son quotidien durant ce Vendée Globe.

Bon là, même si la navigation se déroule on ne peut mieux sur Bureau Vallée, il est temps de rentrer. Je navigue sans concurrent en menace directe depuis maintenant le milieu du Pacifique Sud. C'est long ! Je goûte à une nouvelle expérience, qui semblerait ressembler un peu à celle des records, se battre contre le temps.  Le temps théorique que m'annonce mon logiciel de stratégie nautique en fonction de la météo, le temps qu'avait mis mon ami Michel Desjoyeaux en 2008, le temps d'être arrivé avant le 4 février pour pouvoir aller passer le week-end chez mon beau-frère et ma belle-sœur, histoire de boire des coups avec lui et qu'elle me régale de bons petits plats. Tout en félicitant mes neveux qui ont dû clôturer 2016 en étant premier de leur classe.

Celui que j'aurais perçu comme un idiot il y a deux mois, serait à mes yeux solitaires une vraie source de plaisir et de curiosité"- Louis Burton

Le temps que 2017 n'avance pas trop et qu'il me reste presque toute l'année pour mener à bien les milles choses que j'aurais à faire pour aligner en course la nouvelle machine que mon sponsor Bureau Vallée m'offre pour les 4 années à venir, et qu'Armel (Le Cléac'h, solide leader de ce Vendée Globe, ndlr) est en train de mener à la victoire. Bref, le temps qui passe, ne passe plus comme d'habitude. L’échelle a changé, il me reste environ 3 semaines de navigation pour atterrir aux Sables-d'Olonne, et j'ai l'impression que c'est demain. Il me reste la distance d'une Transat Jacques Vabre à couvrir, et j'ai le sentiment de partir passer le week-end à Chausey (l'archipel normand, ndlr).  Tout cela est probablement lié au gigantisme de cette épreuve autour du monde, et même si vous pensez contrôler, il y a forcément des parties de vous, de votre âme,  de votre façon de voir le monde qui change. Malgré vous, vous n'y pouvez rien. Et cependant, il faut rester concentré, car comme le disait ma bonne étoile, 'Tant que la ligne d'arrivée n'est pas franchie, ne te relâche pas'.

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Vendée Globe - Seuls autour du monde du 4/01 : Louis Burton, 7e concurrent à franchir le Cap Horn

Ce qui change aussi, c'est la perception du manque de l'autre. D'habitude, dans la vie courante, il nous arrive de nous agacer du comportement de certains, de leurs propos stupides ou de la connerie humaine lorsque, de notre point de vue, elle est bien présente... Eh bien aujourd'hui, je crois que celui que j'aurais perçu comme un idiot il y a deux mois, serait à mes yeux solitaires une vraie source de plaisir et de curiosité. Le temps qui passe change la perception de notre univers, j’espère que je saurais encore être bien et à l'aise en groupe après avoir passé tant de temps seul en mer sans voir un Homme. De mon point de vue, cette course est une épreuve unique, géniale à courir, dans laquelle je prends un pied dingue (même si j'aimerai me battre avec ceux de devant), mais elle est aussi la confirmation que si l'homme est un mammifère grégaire, j'en suis un beau spécimen !

Profitez de vos proches, embrassez les trois fois par jour !

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