Vendée Globe : non, les femmes des marins ne passent pas 3 mois à les attendre au port...

Vendée Globe : non, les femmes des marins ne passent pas 3 mois à les attendre au port...
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VOILE - Aucune navigatrice n'était au départ de ce 8e Vendée Globe le 6 novembre dernier. Vingt-neuf hommes ont donc pris la mer pour ce tour du monde en solitaire. Trois mois, environ, durant lesquels femmes et compagnes se sont parfois fait un sang d'encre mais ont aussi continué à vivre leur vie.

Vraiment pas simple. Vivre avec des "obsessionnels", les laisser partir seuls et longtemps comme c'est le cas pour ce Vendée Globe, pour connaître au final "un retour merdique" : être femme de marin n'est pas une sinécure, mais leur vie, bien évidemment, ne se résume pas à les attendre. Régine Bornens, compagne durant 30 ans de Michel Desjoyeaux, a vécu trois Vendée Globe, cette course autour du monde en solitaire sans assistance et sans escale. "Mais tu n'attends pas ! Ta vie continue. Comme n'importe quelle femme qui essaie de concilier son boulot et les gamins. Tu ne restes pas à attendre comme une andouille ton mec. Tu sors, tu as des amis, tu vis ta vie. Ta vie n'est pas que ça. Heureusement", raconte à l'AFP cette femme de caractère, qui a grandi en région parisienne. 

Le départ, un moment redouté...

Régine Bornens a élevé les trois garçons qu'elle a eus avec le marin le plus titré de l'histoire des courses en solitaire, et qui n'a pas pris le départ de cette 8e édition du Vendée. Après avoir travaillé dans l'aménagement du territoire au début de leur rencontre, elle a choisi de partager sa passion en la vivant avec lui de l'intérieur, lassée de faire le grand écart entre tous les compartiments de sa vie. "Ce ne sont pas des sacrifices, tu es dans un truc à deux, personne ne t'y oblige, poursuit-elle. Quand ton mec part trois mois, évidemment ta vie est rythmée par ça. Mais ça fait déjà deux ans que ça rythme ta vie !" 

VIDÉO - Le temps des adieux

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Vendée Globe : le temps des adieux

Un moment redouté ? L'heure du départ, qui se vit toujours dans les émotions et les pleurs. "Je vais être heureuse et soulagée, on va avoir un peu de temps pour nous", glissait pourtant Samantha Davies, compagne du skipper Romain Attanasio avec qui elle a un petit garçon de 5 ans. Mais cette dernière le vit cet instant d'une façon bien particulière, puisque la navigatirce britannique a participé au Vendée Globe 2012, à peine un an après avoir accouché. "Le jour du départ, je veux réussir le métier de maman. Mais je suis aussi la femme de Romain, la technicienne, l'ancienne", explique celle qui l'a conseillé, a préparé son avitaillement et ses vêtements. Sans aucune frustration de ne pas être cette fois à la barre. 

Le retour est merdique"Régine Bornens, la femme de Michel Desjoyeaux

Du côté des Le Cam, Anne, la femme de Jean, avait jusque-là choisi depuis plus de vingt ans de vivre la passion de navigateur de mari avec un peu plus de distance. "Quand on est tous les deux, c'est toujours ça (la voile, ndlr) qui prime. Il faut le savoir, c'est obsessionnel chez eux. Mais je me suis nourrie autant que lui", dit cette femme qui se ressource dans les balades en forêt avec ses deux chiens. Mais pour cette nouvelle édition, elle a franchi la ligne, car Jean Le Cam a eu toutes les peines du monde à trouver des partenaires... Résultat, sa femme, qui tient un restaurant à Port-la-Forêt (Finistère), a mis la main à la pâte pour que son homme puisse encore partir à l'aventure. Quitte à ne pas toujours vivre un bon moment à l'heure des retrouvailles. "C'est le plus frustrant pour les femmes : il revient, mais il ne rentre pas", relève Anne Le Cam. Pour Régine Bornens, même constat : "Le retour est merdique. Tu as vachement envie de te retrouver et tu te loupes en fait. Le premier jour, tu te loupes complètement. Il faut quelques jours". Juste le temps de revenir sur terre. 

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