Vendée Globe : pourquoi le passage du Cap Horn est-il tant redouté par les skippers ?

VENDEE GLOBE

VOILE – Partis depuis le 6 novembre pour un tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance, les skippers du Vendée Globe, Armel Le Cléac’h en tête, s’apprêtent à franchir le Cap Horn. Un passage redouté par les navigateurs en raison des conditions climatiques souvent dantesques à cet instant du parcours.

C’est un des passages clés du parcours du Vendée Globe. Après avoir eu affaire au fameux Pot au Noir au début de leur course, rencontré des fortes tempêtes dans l’océan Pacifique et filtré avec la zone d’exclusion antarctique, les skippers s’attaquent désormais au point le plus au sud de l’Amérique, à l’extrême sud de l’archipel chilien de la Terre de Feu : le Cap Horn. En tête de la flotte, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) devrait ainsi le franchir dans des temps records, aux alentours du vendredi 23 décembre, avec un ou deux jours d’avance sur Alex Thomson (Hugo Boss) et en 46 ou 47 jours de course, soit six de mieux que la précédente marque détenue par François Gabart en 2012.

Ce qui fait la renommée du Cap Horn ? Ses conditions climatiques dantesques redoutées par les skippers qui s’apprêtent alors à remonter leurs bateaux vers la France. Tout y passe : les vents sont forts (entre 30 et 100 km/h) et donnent naissance aux très violents "cinquantièmes hurlants" et "soixantièmes stridents". Des icebergs, le pire cauchemar des marins, viennent se mettre en travers de leur route, alors que des vagues impressionnantes dont la hauteur peut atteindre 30 mètres entraînent également des avaries importantes à bord des bateaux des concurrents. Autant dire que lorsque la nature se déchaîne, c’est l’enfer, ou presque.

C’est un point important du parcours car on est obligé de passer assez près, on risque de voir la terre, un peu d'humanité- Armel Le Cléac'h

En 2009, Jean Le Cam avait notamment chaviré à l’approche du Cap Horn, obligeant Vincent Riou et Armel Le Cléac’h à se détourner pour aller le secourir. Si le Cap Horn n’est désormais emprunté que par des marins "professionnels" habitués à affronter ce genre de conditions, son franchissement a, par le passé, laissé des traces pour les navigateurs les moins aguerris. Certains y ont même perdu la vie ce qui a valu au Cap Horn d’être considéré comme un véritable cimetière marin et d’être surnommé "le cap redouté" ou "le cap dur". Mais cette époque est désormais révolue et c’est même avec un certain enthousiasme que le leader du Vendée Globe s’apprête à franchir ce cap vendredi. Car le Cap Horn ne se résume pas seulement à ses vagues, tempêtes ou autres icebergs.

"C'est un soulagement, je suis content de franchir ce cap pour la 3e fois. C’est un point important du parcours car on est obligé de passer assez près, on risque de voir la terre, un peu d'humanité et c’est plutôt rare depuis le départ des Sables d’Olonne, a expliqué Armel Le Cléac’h. C'est la fin des mers du Sud dans lesquelles on navigue depuis un moment, ça fait du bien de changer d'ambiance. L'humidité, le froid, c'est pesant, ça use le bateau. On va voir en fonction des conditions météo si on voit quelque chose. On va essayer de profiter de ce moment-là, il ne devrait pas y avoir trop de vent." Il n’est pas dit que les autres concurrents bénéficient de la même clémence.

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