Bisexualité : une enquête bat en brèche les clichés

Vie de couple
AMOURS DOUBLES - Une étude menée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) court-circuite bon nombre de lieux communs sur la bisexualité.

En France, 0,9 % des femmes et 0,6 % des hommes se déclarent bisexuels, soit le fait d’éprouver de l’attirance sexuelle, émotionnelle et/ou sentimentale pour les personnes de tous sexes et de tous genres. Avec des nuances qu'apportent des termes pointus comme "pansexuel" (le fait d'être attiré par des personnes qui ne se définissent ni comme un homme ni comme une femme) ou "polysexuel" (le fait de rejeter la notion binaire garçon/fille). 


L'Institut national d’études démographiques (Ined) décrypte dans une étude parue ce mercredi un sujet encore prompt à une bonne dose de préjugés. Les chercheurs Mathieu Trachman et Tania Lejbowicz s'appuient sur une enquête menée en 2015 pour dissiper les fantasmes et dresser le portrait complexe d’une orientation sexuelle mal connue, à distinguer des personnes homosexuelles ou hétérosexuelles "mieux reconnues socialement". 

Une sexualité plus souvent tournée vers l’autre sexe

Qu'y apprend-on ? Que si la majorité des bisexuels ont eu des relations avec les deux sexes (89 % des hommes et 76 % des femmes se déclarant bisexuels), une grande partie se dit attirée davantage par le sexe opposé (58 % des femmes et 47 % des hommes). Que près de la moitié des femmes bisexuelles ont moins de 30 ans et que les hommes, en revanche, s'avèrent plutôt âgés. Que les unes comme les autres sont nombreux à ne pas être en couple. Et que 12 % des hommes bisexuels se disent attirés uniquement par le sexe opposé. Se dire bisexuel ne signifie donc pas nécessairement une attirance indifférenciée pour les deux sexes. Selon l'enquête, "89 % des bisexuelles ont eu un premier rapport avec un homme, 77 % des bisexuels ont eu un premier rapport avec une femme." Des résultats qui remettent en cause l’idée d’une bisexualité "qui devrait être pensée par rapport à l’homosexualité, comme une période transitoire vers l’homosexualité ou comme une homosexualité déniée". 


Comme le souligne un texte adopté le 29 avril 2010 par le Conseil de l'Europe, "l’orientation sexuelle est une fraction profonde de l’identité de chaque être humain" qui "englobe l’hétérosexualité, la bisexualité et l’homosexualité".

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