Garde alternée : quand ça coince sur l’éducation...

Vie de couple

CONFLIT - Alors que la garde alternée concerne de plus en plus de couples qui se séparent, que faire lorsque l'on a deux points de vue différents sur l'éducation de ses enfants ? Que l'on n'est d'accord sur rien, ni les devoirs, ni l'heure du coucher, et encore moins le temps passé devant la télé ?

Quand un couple avec enfants se sépare - que les conjoints soient mariés, pacsés ou en union libre - une question primordiale doit être tranchée : comment va s'organiser la vie des enfants ? Pour 10% des couples en moyenne, c'est la résidence alternée qui est choisie ou décidée par le juge : le même nombre de jours chez l'un et chez l'autre. 

Oui mais voilà, que faire quand on a un mode d'éducation radicalement différent ? Pour vous aider à gérer au mieux cette étape difficile, nous nous sommes plongés dans deux guides décapants qui viennent de paraître : "Parent solo - Avec (ou sans) l'aide de l'autre parent, élever ses enfants avec zen et bienveillance de Valérie Roumanoff (Editions Eyrolles) et Parent solo de Sandrine Jacquemin et Camille Skrzynski (Editions Marabout). 

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"Pris entre deux feux"

Lors d'une séparation, lorsque les conflits ne sont pas bien réglés, la résidence alternée peut constituer un terreau fertile à l’embrasement. Les vêtements qui se perdent, les livres que l’enfant oublie chez l'un ou l'autre parent, tout devient un motif de disputes. Résultat, l'enfant peut se sentir mal en pensant qu'il doit choisir un camp. Pour apaiser les tensions, il faut au contraire lui expliquer qu'il n'existe pas qu'une seule vérité dans le monde.

• Acceptez la différence

Eh oui, on peut avoir deux points de vue différents sur l'éducation de ses enfants, et c'est très bien. Comme Valérie Roumanoff le montre dans son livre (cf dessin ci-dessous), un croquis peut avoir plusieurs sens selon la manière dont on le regarde. Une façon de dire que la réalité n'est pas une. "Ainsi s'il y a une mésentente, l'enfant n'aura pas l'impression de trahir l'un de ses deux parents, s'il ne fait pas tout à fait la même chose chez l'un et chez l'autre. Car ce qui est le plus dur pour un enfant, c'est d'être pris entre deux feux. Alors que s'il sait qu'il a le droit de faire autrement parce que les règles sont différentes, parce que ce n'est pas la même personne qui est en train de l'éduquer, à ce moment là, ça apaise".

• Ne mêlez pas vos enfants au conflit

"C’est difficile de parler de l’autre de façon positive quand on a été blessé, reconnaît Valérie Roumanoff. Mais ce n’est pas l’affaire de votre enfant. Il faut donc à tout prix essayer de ne pas déprécier son père ou sa mère devant lui. Dévaloriser l’homme ou la femme qui l’a engendré, c’est le dévaloriser lui-même, car il sait qu'il est composé des deux. De même, ne faites pas comme si son père ou sa mère n’avait jamais existé. C’est nier la moitié de ses racines", poursuit l'auteur. "Pas question non plus de tout lui raconter. On peut lui dire : 'On n'est pas d'accord avec papa ou maman sur telle ou telle chose, mais on va essayer de trouver une solution et une fois qu'on l'aura trouvée, on t'en parlera'.  C'est ça qu'il faut garder à l'esprit pour s'empêcher de le prendre comme confident. Et si on a vraiment envie de dire du mal, on peut le faire auprès de ses amis, de ses parents, ou de qui on veut, mais surtout pas auprès de ses enfants. Ça ne leur rend vraiment pas service".

• Communiquez autant que possible

"Il faut à tout prix trouver le moyen de garder le contact avec son ex-conjoint (mail, SMS, téléphone, carnet de correspondance...). Pas question de vous raconter votre vie, il s'agit seulement d'apporter chacun son regard bienveillant sur l'enfant : sa santé, son comportement, son éducation, ses besoins ou activités", conseille de son côté Sandrine Jacquemin. 

Pour cela, des applications intelligentes existent, à l'image de Kidizz lancée en 2014. Finies les feuilles volantes pour la réunion parents-profs qui se perdent ou l’oubli du "café des parents" de la crèche, ce logiciel gratuit permet de centraliser toute la communication entre les parents et les structures d’accueil principalement pour les 0 à 12 ans (crèches, écoles, séjours, centres de loisirs etc). 

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• Prenez des nouvelles de votre enfant quand il n'est pas avec vous

"Sur ce point, les avis diffèrent, concède Sandrine Jacquemin, mais puiqu'on veut être dans l'équilibre, il ne faut pas être trop absent. Si vous n'appelez jamais votre enfant, il pourra penser que vous ne pensez plus à lui. A l'opposé, n'interdisez pas à l'autre parent de communiquer avec lui pendant sa garde alternée. Soyez intelligent(e) et proposez aussi à votre enfant d'appeler de temps en temps son autre parent", conclut cette jeune maman, qui a également fondé une communauté d'entraide Gang de parents.

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