Jamais les Français n'ont été aussi nombreux à avoir des troubles de l'érection

Vie de couple
EN PANNE - Plus de six Français sur dix ont connu des problèmes d'érection au moins une fois au cours de leur vie. C'est ce qui ressort d'une étude Ifop, qui lie en partie cette hausse de la dysfonction érectile à l’hyperconnexion aux écrans.

Jamais les Français n'ont été aussi nombreux à souffrir de problèmes d’érection… C'est le constat d'une enquête que l’Ifop publie ce mercredi à l'occasion du lancement de Charles.co*, une plateforme dédiée à la santé sexuelle des hommes : selon ce sondage, ils sont plus de six sur dix (61%) à y avoir déjà été confrontés au moins une fois au cours de leur vie, soit une proportion en hausse continue au cours des quinze dernières années - seulement 44% des hommes se disaient concernés par ce problème en 2005. 


Là où le bât blesse encore davantage, c'est que cette "panne" e correspond pas chez les sondés à un lointain souvenir de jeunesse inexpérimentée :  parmi ces 61%, ils sont plus d’un sur trois (38%) à admettre avoir connu au moins une forme de troubles du désir ou de l’érection au cours des 12 derniers mois, la plus fréquente étant le manque de fermeté de leur sexe durant un rapport.

La "dépendance aux écrans" liée à ces affres

Qu'est-ce qui explique cette hausse brutale ? Plusieurs paramètres, selon l'étude : l’âge, le stress ou encore le lieu de résidence (les Parisiens plus touchés que les ruraux) en sont les principaux. Mais, pour la première fois en France et au diapason de l'évolution des mœurs, ce qui frappe le plus, c'est l’impact que la dépendance aux écrans peut avoir sur la libido masculine, a fortiori chez les moins de 35 ans (33% à avoir des problèmes érectiles), notamment chez ceux qui visionnent quotidiennement des vidéos pornographiques (55%).

Comme le note la sexologue Catherine Solano en analyse de l'étude, "avec Internet et les smartphones, les gens s'informent mieux, et ça c'est positif, mais ils se comparent, complexent et s'inquiètent plus facilement aussi (...) Chez les hommes qui regardent de la pornographie tous les jours, la proportion de gens ayant régulièrement des problèmes d'érection est quatre fois plus élevée que chez les hommes qui n'en regardent pas."


Toujours selon l'étude, cette capacité de nuisance des troubles érectiles sur l’estime de soi sexuelle tient aussi au fait que la gent masculine entretient encore une conception archaïque du plaisir sexuel masculin : 56% des hommes – et jusqu’à 64% des moins de 30 ans – estiment qu’un "rapport sexuel doit impliquer une pénétration pour être pleinement satisfaisant".

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Un homme sur trois reconnaît mentir sur sa panne

La panne érectile reste un tabou tenace au sein de la gent masculine, aussi bien dans la relation de couple que dans les rapports avec les professionnels de santé. Un homme sur trois (33%) reconnaît avoir déjà donné à sa/son conjoint une fausse excuse pour masquer un problème sexuel, la fatigue physique étant l’argument le plus avancé (78%). 

On note, de surcroît, une tendance – notamment chez les plus jeunes – à recourir à des produits dangereux comme la drogue, l'alcool ou les aphrodisiaques, leur évitant ainsi de suivre un parcours de soins, tout simplement parce que cette "défaillance" se révèle probablement inconciliable avec leur vision de la virilité.


*Étude Ifop pour Charles.co réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 19 au 24 avril 2019 auprès d’un échantillon de 1957 personnes, de la population française masculine âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.

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