Premières vacances à deux : un couple sur dix n'y survit pas, pourquoi ?

Vie de couple

ALLER SANS RETOUR - Selon une étude britannique, relayée ce mercredi par "Le Parisien", les premières vacances passées exclusivement à deux se révèlent très souvent un test délicat pour un jeune couple. A tel point que les moins solides ne passent pas la fin des vacances.

Dans l'inconscient collectif, les vacances riment très souvent avec soleil, joie de vivre, farniente... mais, et on l'oublie trop souvent, elles sont aussi sources de tensions inépuisables. À plus forte raison pour les jeunes couples qui partent pour la première fois ensemble et se découvrent alors loin de chez eux, de leurs amis, de leur famille, de leurs habitudes. Seuls, mais ensemble. Une "expérience" qui teste le lien affectif, par laquelle tout jeune couple est passé et qui inspire même le cinéma - le film Premières vacances avec Camille Chamoux et Jonathan Cohen où deux célibataires rencontrés sur Tinder grillent les étapes et partent en vacances le lendemain de leur premier rendez-vous pour voir directement si ça "matche" entre eux.  

Si, dans le film suscité, le lien ne se défait pas, la réalité est hélas beaucoup moins rose. Selon une étude britannique de Holiday Autos, datant de 2016 menée auprès de 2000 personnes outre-Manche et relayée ce mercredi par nos confrères du Parisien, "un couple sur dix se séparerait à son retour de vacances passées à deux exclusivement". Dans le détail, 40 % des sondés racontent s'être disputés pendant leurs vacances en amoureux et un quart des disputes (donc 25% des sondés), précédant la rupture au retour des vacances, ont lieu moins de 24 heures après le départ.

Bien sûr, qui dit conflit, dit sujets qui fâchent... Si l'on se fie à l'étude, se trouvent en tête de liste les moyens de transports. 33 % se sont déjà disputés en voiture lors du trajet aller, 12 % dans la queue à l'aéroport. Autrement, 24% des couples se sont disputés en faisant les bagages, 17% ont connu une discorde sur le budget à respecter, 17% se sont jetés au visage l'abus d'alcool et 16% le choix des repas. Et, plus rédhibitoire que tout, 18 % avouent que passer trop de temps ensemble pose problème. 

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Promiscuité, incommunicabilité, injonctions...

Les témoignages de couples ayant rompu au retour de leurs "premières vacances" se ramassent à la pelle, comme des feuilles mortes, sur les forums de discussion. Plusieurs explications sur ces tensions, ces érosions précoces du couple, selon le sexologue Patrick Papazian, contacté par LCI : "Le couple est un défi au temps et à l’espace : au temps, parce que l’allongement de la durée moyenne de la vie fait que des 'super-couples' de 60, 70, 80 ans de vie commune ne sont plus rares (et que des vies marquées par 4, 5 voire plus d’installations en couple ne sont pas rares non plus !) et à l’espace, la promiscuité étant l’ennemie de l’érotisme. La tension érotique dans un couple réside dans la représentation de l’autre comme un continent familier mais à explorer. C’est cette contradiction apparente qui fait la magie du couple… ou sur laquelle reposent les difficultés. Comment peut-on avoir envie d’explorer l’autre quand on partage son territoire H/24 ?" 

Naît alors de cette promiscuité un autre problème : l’incapacité à communiquer ou à dire ce que l’on ressent ailleurs que dans ses rassurants repères spatio-temporels : "Le couple constitue aussi une forme de promesse marketing du bonheur dans une société aux normes obsédantes comme en témoignent, par exemple, les sujets de l’été 'combien de fois faites-vous l’amour par semaine avec votre compagnon ?' dans les journaux féminins. En vacances, on réalise alors que ces injonctions sociales ne tiennent pas forcément et lorsque l’un ou l’autre n’arrive plus à échanger sur les émotions, c’est toujours problématique...". Et des tensions de s’amplifier, de faire boule de neige, à la faveur de l'été. À partir de rien, le plus souvent. 

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