"Ghosting", "Fishing", "Submarining"... Connaissez-vous ces (très mauvaises) manières de rompre sur les sites de rencontre ?

Vie de couple
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LEXIQUE - Ceux qui passent leur vie sur les applis de rencontre sont formels : nombreuses sont les personnes rencontrées par ce biais qui, du jour au lendemain, ne donnent plus signe de vie. La montée de la "hookup culture" (soit la culture du "coup d'un soir") engendre un vocabulaire fleuri d'anglicismes exprimant toutes les nuances des ruptures désobligeantes. Suivez le guide.

Bienvenue au XXIe siècle. Fini le temps où la rupture donnait lieu à de sublimes correspondances épistolaires, à la manière d'Apollinaire écrivant en 1915 à son amante, l’aviatrice Louise de Coligny-Chatillon : "Maintenant, c’est fini, je ne veux plus t’aimer (…) Je ne t’en veux nullement, tu as embelli ma vie pendant quelques mois, tu m’as fait des serments qui m’ont exalté". Nous voilà désormais à l'ère des "ghosting", "mosting" et autres "cushioning" déclinant toutes les nuances infinitésimales de la rupture.


Des attitudes passablement lâches et désobligeantes regroupées sous le terme de "trash dating", aujourd'hui en vogue sur des applications comme Tinder, Happn ou Grinder, et passionnément passées au crible dans une étude IFOP auprès de 2523 avides consommateurs et consommatrices. Une enquête révélatrice inspirant à François Kraus, directeur de l'expertise "genre, sexualités et santé sexuelle" de l'institut, cette réflexion désabusée : "Avant les gens se masturbaient, aujourd'hui ils vont sur Tinder pour se masturber avec le corps de l'autre".


Demeure toutefois une question pour les profanes n'ayant jamais eu recours aux applis : mais que signifient clairement tous ces néologismes en "ing"?

Ghosting

"Ghosting" vient de "ghost", "fantôme" en français. Plus de coups de fil, plus de sms, plus de mails, plus aucun contact… C'est simple : la personne "ghostée" n'existe plus pour le "ghosteur", qui ne donne plus de nouvelles du jour au lendemain et jette ses partenaires comme des kleenex. Selon l'étude IFOP, 55% des adeptes des sites de rencontre affirment avoir déjà été victimes de "ghosting".

Submarining

"Submarining" vient de "submarine" qui, en français, signifie "sous-marin". En d'autres termes, l'adepte du "submarining" joue au sous-marin, il est là sans être là. Il ne donne plus de nouvelles pendant longtemps avant de vous recontacter du jour au lendemain, sans prendre la peine de s’expliquer ou d’expliquer son absence. Et le sous-marin, soudain, d'émaner des profondeurs de l'océan. Un phénomène qui, selon l'étude, touche aussi bien les hommes que les femmes, également victimes à 40%.

Mosting

"Mosting" vient de "most", un quantificateur qui, en français, signifie "la majorité". Soit quand la perle rare, avec laquelle vous aviez le plus d'affinités, disparaît soudainement des radars. Elle ne donne plus de nouvelles sans donner d’explications alors qu'elle donnait la pire illusion d'amour, celle d'une relation potentiellement sérieuse - 37% des utilisateurs d'applis de rencontre affirment avoir été ainsi dupés. 

Orbiting

"Orbiting" vient de "orbite", qui a le même sens que le mot français et dans l'expression 'mettre une personne en orbite. On qualifie d'"orbiteur" quelqu'un que vous avez rencontré et qui a cherché à vous séduire, puis qui suit tout ce que vous publiez sur les réseaux sociaux (stories, tweets, posts, photos...) mais qui vous fuit dans le monde réel, ignore drastiquement vos appels désespérés sur le répondeur, comme vos textos tout en emojis. En d'autres termes, l'orbiteur veut faire ressentir sa présence fantomatique, sans s'adresser directement à sa proie, laissant planer le doute comme l'illusion d'une complicité ou d'un amour. Pas moins de 30% des sondés disent avoir subi ces ravages.

Serendipidating

32% des adeptes d'applis interrogés avouent en user sans vergogne : le "serendipidating" (à vos souhaits) fait rage sur Tinder. Ce terme savant ("sérendipité" en français, soit le fait de réaliser une découverte scientifique ou une invention technique de façon inattendue, à la suite d'un concours de circonstances) traduit l'attitude d'une personne repoussant un premier rendez-vous dans l’espoir de rencontrer quelqu’un de mieux d’ici là. Et, selon l'étude, le "serendipidating" est pratiqué plus fréquemment par les femmes que par les hommes (37% contre 27%).

Fishing

"Fishing", soit "pêcher le poisson", indique la propension d'une personne à envoyer le même message à plusieurs personnes puis d’échanger avec celles qui y répondent les premières, en laissant les autres de côté sans fournir la moindre explication. Et, ô surprise, cette technique pas très Romeo friendly  est employée selon l'enquête IFOP par 32% des hommes, contre seulement 19% des femmes.

Breadcrumbing

"Breadcrumbing" vient de l'anglais "Breadcrumb", traduisible en français par "miette de pain" mais aussi "fil d'Ariane". La phase de séduction reste au stade de petites phrases, souvent via les réseaux sociaux (des petits messages privés ou échanges messenger) mais celui ou celle ayant engagé ladite phase de séduction ne passe jamais à la vitesse supérieure et ne propose jamais un premier rendez-vous. Selon l'étude, 21% des adeptes d'appli de rencontre sont coutumiers du fait. 

Cushioning

"Cushioning" veut dire "amortisseur" en anglais. Soit la prédilection d'un membre au sein du couple à pratiquer l’adultère sur des sites de rencontres, et ce pour assurer ses arrières (d'où le terme "amortisseur") lorsque l'intensité de son couple connaît l'érosion (16% ne cachent pas être en couple lorsqu'elles et ils musardent sur les applis, 14% le cachent). 

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