Pourquoi la vaccination en entreprise avance-t-elle si lentement ?

Pourquoi la vaccination en entreprise avance-t-elle si lentement ?

INTERROGATIONS - Depuis une semaine, les médecins du travail peuvent vacciner certains salariés. Mais entre la pénurie de doses et la complexité de la démarche, il n'y a pas encore foule dans leur cabinet.

Depuis plusieurs semaines, la France a lancé sa campagne de vaccination contre le Covid-19 et les étapes se mettent en place pour les différentes tranches d’âge. Ainsi, depuis la semaine dernière, les médecins généralistes ont la possibilité de vacciner les personnes âgées de 50 à 64 ans présentant des comorbidités. C’est également le cas en entreprise mais le processus de vaccination met beaucoup de temps à s’appliquer.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Par exemple, dans ce cabinet de médecine du travail en région parisienne, le Dr. Anne-Michèle Chartier suit près de 4000 salariés, et depuis le début de la campagne de vaccination la semaine dernière, elle n’a trouvé que cinq candidats. "Il y a une catégorie de personnes qui ont une réticence et qui disent que ce n’est pas pour eux ou qui veulent attendre qu’un autre se fasse vacciner pour le faire", explique-t-elle au micro de TF1.

Un casse-tête administratif

Selon elle, un autre obstacle freine les employés à se faire vacciner, à savoir leur méconnaissance des critères de comorbidité exigés : "Quand un salarié lit une liste, il n’est pas sûr de correspondre aux critères énumérés. Il ne se sent pas forcément concerné par des mots compliqués de cette liste." Outre la médecine du travail, la tâche est également compliquée du côté de l’employeur, qui doit informer l’ensemble des salariés.

C’est notamment le cas à Chartres, où il faut plus d’une semaine pour prévenir l’ensemble des 800 agents du conseil départemental d’Eure-et-Loir. "Il y a d’abord une période de communication et il faut ensuite s’assurer que les personnes vulnérables aient reçu cette information et puissent ensuite y donner suite de manière volontaire. Tout cela prend du temps", explique Stéphanie Delapierre, directrice des services généraux du conseil départemental, où la campagne vaccinale ne débutera donc, au mieux, que dans quinze jours.

"Un gros problème de logistique" pour s'approvisionner en doses

Plusieurs médecins de services de santé au travail ont par ailleurs indiqué, fin février à l'AFP, qu'ils devaient retarder la vaccination faute d'avoir pu s'approvisionner en vaccins. "Nous devions vacciner nos premiers patients mardi 2 mars, c'est reporté au 9 mars. Nous avons pris contact avec de nombreuses pharmacies, mais aucune n'a pu nous garantir les doses de vaccin pour lundi prochain", explique Denys Brunel, président du Service aux entreprises pour la santé au travail (SEST) à 

Issy-les-Moulineaux.

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Le Dr. Vinh Ngo, directeur général du centre de médecine du travail CIAMT (centre inter-entreprises et artisanal de santé au travail), déplore également "un gros problème de logistique entre le médecin volontaire, le pharmacien qui fait sa 

demande, et les doses disponibles". Selon lui, "certaines pharmacies arrivent à se procurer des doses, d'autres non, c'est une nébuleuse". Pénurie oblige, quelle que soit la demande, le médecin du travail ne peut pas commander de doses en fonction de ses besoins réels.

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